La Lorraine dans le temps

La Lorraine dans le temps

Le maître d'école

 

A partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle et durant tout le XIXème siècle, mes ancêtres les Hédin ont souvent exercé la profession de maître d’école ou d’instituteur.

 

Avant la Révolution, on ne parlait pas encore de maître d’école, mais de magister. Pour pouvoir enseigner il fallait passer un examen devant les notables et le curé du village. Le candidat était testé sur ses connaissances générales (lire, écrire, compter). Il devait aussi prouver qu’il connaissait son catéchisme et qu’il savait chanter.

Le candidat était ensuite nommé par l’assemblée des habitants et le curé.

 

La classe était souvent divisée en niveaux en fonction du type d’enseignement demandé par les parents : certains élèves n’apprenaient que la lecture et parfois des rudiments d’écriture. D’autres élèves apprenaient en outre à compter et étudiaient la grammaire.

L’école publique était chargée à cette époque de l’instruction religieuse (prières, catéchisme, histoire sainte). Le magister devait donc avoir de solides connaissances en ce domaine.

 

Les classes étaient mixtes. En effet, il n’y avait pas d’écoles de filles. La scolarisation des filles n'apparaît pas comme une nécessité absolue. Futures épouses et futures mères cantonnées aux tâches domestiques et aux travaux agricoles subalternes, elles ont moins besoin que les garçons, pense-t-on, de recevoir une instruction. Quand elles vont à l'école, elles y vont moins longtemps que les garçons.

Rappelons qu’à cette époque, l’école n’était pas obligatoire.

 

Autrefois, certains métiers étaient jugés si nobles qu’on ne pouvait les faire pour de l’argent sans se montrer indigne de les faire. C’est le cas des enseignants.

L’immense majorité des maîtres devaient se contenter d’un salaire dérisoire. Ils étaient payés par les parents. Leur rémunération était donc dépendante du nombre d’élèves et du type d’enseignement dispensé. Pour les familles les plus démunies, l’Etat pourvoyait aux frais d’enseignement. Le maître recevait alors une indemnité mensuelle de la commune en compensation.

Le revenu des enseignants était donc très variable d’une commune à l’autre.

Ainsi, en 1840, à Mance le maître d’école percevait un revenu annuel de 315 frs tandis que ses collègues de Longuyon, à la même époque, percevaient chacun 2150 frs et ceux de Longwy 3750 frs.

 

Les maîtres disposaient toutefois de quelques avantages complémentaires. La plupart des maîtres jouissaient d’un logement avec jardin, mis à leur disposition par la commune. A défaut de jardin, ils recevaient des redevances en nature (blé, fruits). Par contre le maître d’école devait louer à ses frais un local pour accueillir les élèves (le bois de chauffage était fourni pas les parents).

 

Les parents exprimaient souvent leur gratitude à l’enseignant en lui offrant toutes sortes de cadeaux en nature : lait, fromages, œufs, légumes, morceau de lard ou de jambon quand on tuait le cochon, bouteille d’eau de vie au nouvel an, offrande en vin pour celui qui sonnait l’heure de midi.

 

Pour subsister, le maître devait recourir à des activités annexes. Jusqu’à la Révolution et même au-delà, les classes étaient fréquentées de façon aléatoire. A la campagne,  la plupart des élèves faisaient l’école buissonnière de Pâques à la Toussaint, puisqu’ils travaillaient aux champs avec leurs parents. Le maître d’école percevait alors un revenu bien en deçà de celui d’un ouvrier. C’est pourquoi il était impératif à l’enseignant d’exercer des activités annexes pour compléter ses revenus.

Ils étaient souvent secrétaires de mairie. Certains faisaient fonction d’écrivain public. La plupart d’entre eux étaient chantres à l’église ; ils étaient également rémunérés pour chanter les messes de mariage et d’enterrement. Ils étaient en outre chargés de porter l’eau bénite à tous les paroissiens les dimanches.

Ainsi, dans les années 1830, chanter une messe rapportait 1,50 frs et un enterrement entre 3 et 6 frs.

 

Nous avons vu des maîtres d’école être aussi bûcherons ou tailleurs d’habits.

 

 

Le métier d’instituteur a beaucoup évolué au XIXème siècle.

 

Au début des années 1830, l’Etat a pris en charge leur formation par la création des écoles normales et a défini les conditions de recrutement et de nomination.

 

La loi Guizot, en 1833, contraint les communes à devenir propriétaires des écoles de garçons ou des écoles mixtes.

 

La loi Falloux du 15 mars 1850 est la deuxième grande loi scolaire. Elle distingue deux types d'écoles primaires : les écoles publiques (communales) et les écoles libres. Elle oblige chaque commune à avoir une école primaire publique de garçons. L'instituteur communal est nommé par le conseil municipal. Pour pouvoir enseigner, il faut avoir au moins 21 ans et posséder un brevet de capacité. La commune doit fournir à l'instituteur un local convenable, tant pour son habitation que pour la tenue de l'école, le mobilier de classe, et un traitement. Les écoles primaires sont placées sous la double autorité de l'administration et des notables. Il y a dans chaque arrondissement un inspecteur de l'enseignement primaire. A l'échelle du canton, la surveillance des écoles primaires est confiée à des délégués cantonaux (des notables du canton) désignés par le conseil académique. Le maire et le curé sont chargés de la surveillance et de la direction morale de l'enseignement primaire dans leur commune. Ils surveillent l'instituteur. On se méfie de l'influence qu'il a sur ses élèves, on redoute qu'il propage des idées subversives. Le curé est spécialement chargé de surveiller l'enseignement religieux et l'entrée de l'école lui est toujours ouverte (art. 44). La loi Falloux énumère les matières qui doivent être enseignées à l'école primaire.

L'enseignement primaire comprend : l'instruction morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française, le calcul et le système légal des poids et mesures. Il peut comprendre, en outre : l'arithmétique appliquée aux opérations pratiques, les éléments de l'histoire et de la géographie, des notions des sciences physiques et de l'histoire naturelle applicables aux usages de la vie, des instructions élémentaires sur l'agriculture, l'industrie et l'hygiène, l'arpentage, le nivellement, le dessin linéaire, le chant et la gymnastique.

 

En 1882, après l’adoption des lois Jules Ferry, l’enseignement religieux est banni des écoles publiques. L’école devient laïque, gratuite et obligatoire.

 

A partir de 1886, toute autre fonction que celle de secrétaire de mairie fut interdite aux instituteurs. Les maîtres durent alors se contenter de leurs modestes traitements, même si ceux-ci ont été revalorisés.

 

Denis BERNARD

 

Sources « nos ancêtres, vie et métiers », internet « l’enseignement au XIXème siècle », internet « histoire de l’école ».

 



01/02/2018
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