La Lorraine dans le temps

La Lorraine dans le temps

Bar le Duc - histoire

L'origine de Bar parait remonter tout au moins à l'époque de la conquête des Gaules par les Romains.

Sur la rive droite de l'Ornain au bord de la voie consulaire allant de Durocortorum (Reims) à Tullum (Toul), et à l'endroit où se trouve le faubourg actuel de Couchot, existait primitivement un poste militaire ou une mansion, établissement officiel avec approvisionnements et industries accessoires : c'était l'antique Caturiges, dont l'existence en ces temps reculés est prouvée par les substructions et objets découverts sur son emplacement : pans de murs, débris de colonnes, tuiles, puits, statuettes, outils, ustensiles, médailles, monnaies de Marc-Antoine à Théodose, et même pièces gauloises, celles-ci attestant que la station gallo-romaine avait très probablement succédé à quelque bourgade gauloise préexistante.

Caturiges, ruiné par les invasions des IVème et Vème siècles, et notamment par les hordes d'Attila, survécut à tous ces désastres, et s'étendit même au-delà de ses limites premières jusqu'à l'Ornain, pour former le vicus de Barrivilla, aujourd'hui le quartier de Bar-la-Ville ; — une partie de ses habitants alla en outre de l'autre côté de la rivière, jeter les premiers fondements d'un bourg mérovingien ceint de murailles et flanqué de tours : c'est le Barnum castrum, qui s'appelle encore quartier du Bourg.

 

 

Le comté de Bar se forma vers le milieu du Xe siècle, sur la frontière occidentale du duché de Haute-Lorraine nouvellement constitué. Il doit son origine au puissant duc Frédéric, neveu de l'empereur Othon 1e r et beau-frère du futur roi Hugues Capet, par sa femme Béatrice.

En 961, Frédéric fit construire le Château au sommet du promontoire qui commande le Bourg ; cette forteresse était destinée à assurer le pays contre les incursions des Champenois.

 

La Neuve-ville, les faubourgs d'Entre-deux-Ponts, de Marbot et de Véel se formèrent successivement du XIème au XIV siècle.

Par sa situation et ses enceintes solidement défendues, Bar fut, jusqu'à la fin du XVII siècle, la principale citadelle du pays lorrain sur l'extrême frontière lorraine et sur la route de France.

Dans le cours du XIIIème siècle, sous les comtes Henri II (1214-1210) et Thiébaut II (1240-1291), les affranchissements furent nombreux dans tout le Barrois. Le chef-lieu lui-même, obtint, ses premières franchises par une charte donnée par Henri II en août 1234. — Ce document est un règlement intervenu entre le comte et les habitants de Bar, fixant le chiffre de certaines impositions, de certaines amendes qui, auparavant, demeuraient à la volonté du seigneur ; sans annoncer encore l'affranchissement de la commune, cet acte, du moins, pose les limites des droits seigneuriaux.

Le comte Henri III, ayant déclaré la guerre au roi Philippe-le-Bel et ravagé les frontières de Champagne, fut attaqué par les troupes françaises et fait prisonnier près de Louppy-le-Château. Conduit en captivité à Bruges, il n'obtint sa liberté qu'après avoir signé le traité dit de Bruges (4 juin 1301). — Aux termes de ce traité, le comte de Bar faisait à perpétuité hommage-lige au roi de France en se reconnaissant son vassal pour toute la partie du Barrois située sur la rive gauche de la Meuse, partie appelée depuis le Barrois mouvant ou la Mouvance. On sait avec quelle persistance les successeurs de Philippe-le Bel cherchèrent toujours à se prévaloir du traité de 1301 pour s'immiscer dans les affaires intérieures de la province, sans jamais laisser échapper l'occasion de faire cruellement sentir le poids de leur suzeraineté aux souverains du Barrois.

 

Le long règne de Robert-le-Magnifique (1352-1411) fut marqué à son début par l'érection du comté de Bar en duché (1354).

A cette époque, la capitale du Barrois a acquis beaucoup d'importance ; son château-fort a reçu sa double enceinte ; ses moyens de défense sont complets ; il est alors la demeure préférée de nos princes et le siège de l’administration du duché.

 

 

En -1415, le duc Édouard périt à Azincourt avec l'élite de la noblesse, où se trouvaient aussi son frère Jean et son neveu Robert. Cette catastrophe de la Maison de Bar laissait le duché au cardinal Louis, qui réunit à Saint-Mihiel les trois États du Barrois (-13 août 1419), et déclara renoncer à son titre de duc en faveur de son petit neveu, René d'Anjou.

En 1440, Antoine de Vaudémont tenta de s'emparer de la Ville-Haute et du château de Bar : il fut repoussé par Louis d'Anjou, et en se retirant, il brûla Longeville et causa toutes sortes de ravages dans le Barrois. — Incendié eu 1469, le château n'était pas encore réparé, quand, en 1475, le roi Louis XI y jeta une garnison française, sous prétexte de la défendre contre Charles le Téméraire. René II put obtenir la restitution momentanée de la place en juin 1476. — Au mois d'août 1479, Louis XI fit de nouveau occuper Bar par un corps de troupes sous les ordres de Henry de Neufchâtel. Elles y demeurèrent cinq ans.

A ces vicissitudes succédèrent bientôt des relations de bon voisinage entre les princes lorrains et les rois de France. François Ier vint à Bar le 23 août 1517, tenir sur les fonds de baptême le fils ainé du duc Antoine, et en 1534, pour conférer avec le landgrave Philippe de Hesse, représentant des princes protestants d'Allemagne. En 1559 François II et Marie Stuart y assistèrent à des fêtes brillantes. En 1564, Charles IX s'y rendit pour être le parrain du fils aîné du duc Charles III. La reine-mère et la cour entière accompagnaient le roi.

Bar revit de mauvais jours. De 1632 à 1652, il fut pris et repris cinq fois : il vit se succéder dans ses Murs les garnisons, tantôt lorraines, tantôt françaises, mais toujours traînant avec elles les mêmes brigandages, sans une année, sans un jour de répit.

 

Le traité de Vincennes (27 février 1661) rendit à Charles IV la jouissance de ses Etats. Mais neuf ans plus tard, l'incorrigible mauvaise foi du duc épuisait définitivement la patience de Louis XIV. Le maréchal de Créquy, entré en Lorraine au mois de septembre 1670, s'emparait presque sans coup férir de toutes les places fortes du pays. Le 30 octobre arrivait l'ordre du roi de France de raser immédiatement les fortifications de la ville et du château de Bar. Trois mois après (fin janvier 1671), le démantèlement était terminé, et de ces antiques murailles, témoins de tant de combats, il n'est demeuré que la Tour de l'Horloge.

 

Le traité de Ryswick (1697) replaça le duc Léopold sur le trône de ses ancêtres et inaugura pour le Barrois, comme pour la Lorraine tout entière, une ère de prospérité particulièrement remarquable. L'aisance reparut à Bar-le-Duc, grâce à l'établissement des tissages et des tanneries et au flottage des bois ; — du côté de la plaine, sur l'emplacement et hors des remparts démolis, on vit s'élever les boulevards et quartiers de la Rochelle et des C1ouyères (de la Banque). — Plus tard, quand, devenue française, la ville entendit le cri d'alarme de l'Assemblée législative, elle envoya en masse ses enfants à la frontière, et plusieurs s'illustrèrent dans les guerres de la République et du Premier Empire.

 

 

De 1790 à 1801 la ville de Bar-sur-Ornain a formé, avec ses faubourgs, un canton divisé en deux sections : ville basse et ville haute, ayant chacune un juge de paix.  Au rétablissement du culte après le Concordat de 1801, le doyenné de Bar-le-Duc a été reconstitué avec dix paroisses, dont trois pour la Ville. Les fêtes patronales de ces dernières celles de Saint-Antoine (17 janvier), Notre-Dame (15 août) et Saint-Étienne (26 décembre).

Une nouvelle paroisse a été érigée en 1875 sous Le vocable de Saint-Jean-devant-la-Porte-latine (6 mai).

 

Extrait de l’ouvrage « Département de la Meuse : géographie physique, économique et administrative par H. Lemoine, » - 1909.

 



09/06/2020
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