La Lorraine dans le temps

La Lorraine dans le temps

La cour de Lunéville sous le duc Léopold : 2 - la maison civile de Léopold

Cette série intitulée « la cour de Lunéville sous Léopold est tirée de l’œuvre d’Henry Baumont Etudes sur le règne de Léopold, duc de Lorraine et de Bar (1697-1729) rédigée en 1894.

J’ai simplement adapté le texte au vocabulaire d’aujourd’hui pour en faciliter la compréhension.

Pour satisfaire aux nécessités du mode de diffusion utilisé (internet) j’ai divisé l’étude en sept tableaux qui feront chacun l’objet d’un article spécifique.

1 – le château

2 – la maison civile de Léopold

3 – la maison militaire de Léopold et l’armée

4 – distractions de la cour : le théâtre

5 – la galanterie : passion de Léopold pour Madame de Craon

6 – Madame de Lunati et Madame de Craon

7 – le jeu.

 

 

2 - La maison civile de Léopold

 

 

Les nobles avaient abandonné les manoirs de leurs ancêtres pour vivre auprès du souverain et dans l'espoir d'obtenir quelque office à la cour ; ils suivent Léopold de Nancy à Lunéville.

A côté de M. de Carlingford, qui, en sa qualité de grand maître de l'hôtel, est le plus haut dignitaire de la maison du prince, nous trouvons, en 1702, parmi les principaux officiers, le comte de Couvonges, grand chambellan ; le comte de Tornielle et le marquis de Lambertye, maréchaux de Lorraine et de Barrois ; le marquis de Lenoncourt, grand écuyer ; les marquis de Blainville et de Rorté, premiers gentilshommes de la chambre ; le comte de Brionne, grand maître de la garde-robe ; MM. de Custine, de Craon, de Ludres, de Ligniville de Tumejus, de Martigny, etc., chambellans ; M. de Hoffelize de Valfrocourt, maître d'hôtel ; M. de Raigecourt, grand veneur ; M. de Curel, grand louvetier.

La maison civile de Léopold compte, en 1702, environ 350 serviteurs de tout rang ; il y a une quinzaine d'officiers du cabinet, trésoriers, contrôleurs, secrétaires, dont un secrétaire allemand ; 33 officiers de la chambre, chambellans, gentilshommes ordinaires, valets de chambre, huissiers; 4 médecins et apothicaires ; 8 aumôniers ou prédicateurs, dont un prédicateur allemand ; 19 trompettes et instrumentistes ; 40 à 50 officiers de cérémonies, valets de pied, coureurs, porteurs de chaise, heiduques ; 38 chefs de cuisine, rôtisseurs, marmitons, porteurs de bois, maîtres des caves, etc. Le service de l'écurie occupe 94 hommes, cochers, muletiers, postillons ou palefreniers, sans compter les 5 écuyers ; celui de la vénerie, 47 gentilshommes, capitaines des chasses, piqueurs, chasseurs, valets de limiers, valets de chiens, valets de dogues, etc.

Les pages, au nombre de 24, ont un gouverneur, M. du Menil ; un précepteur, le sieur Philibert ; « un maître à danser», un « maître de langues et mathématiques», un « maître écrivain» et quatre valets pour les servir.

 

 

Outre la maison de Léopold, il y a celle de « Madame Royale » (c'est ainsi qu'on appelle d'ordinaire la duchesse de Lorraine) comprenant en tout 32 dames, officiers ou domestiques. La marquise d'Haraucourt est dame d'honneur ; la marquise de Lenoncourt-Blainville, dame d'atour ; Mme de Nettancourt, gouvernante, et Mme de la Marche, sous-gouvernante des 7 filles d'honneur ; le comte des Armoises remplit les fonctions de chevalier d'honneur. Enfin 9 personnes sont destinées au service unique de « Mme la princesse » Elisabeth-Charlotte, qui a alors deux ans, et dont la gouvernante est Mme d'Heudicourt. 15 officiers ou domestiques sont attachés au plus jeune frère de Léopold, le prince François, qui a pour gouverneur le marquis de Trichâteau, pour confesseur et précepteur, M. Le Grand de Mont.

Il aurait été impossible à Léopold de soutenir un tel état de maison si les traitements étaient aussi élevés que dans la plupart des cours. Mais, à part M. de Carlingford, qui touche 30000 livres, les « gages » des officiers lorrains sont des plus modiques. Le grand chambellan et le grand écuyer ont chacun 1500 livres ; le grand maître de la garde-robe, 1200 livres ; les chambellans et écuyers, 900 livres ; les valets de chambre, 500 livres ; le « maître de langues et mathématiques » des pages émargent au budget ducal pour une somme de 400 livres, bien moins favorisé que le « maître à danser », qui reçoit annuellement 1050 livres.

Ces traitements, au dire de M. de Turgot, sont proportionnés aux revenus des Lorrains du temps et suffisent aux courtisans pour vivre avec aisance dans un pays abondant en denrées de toute sorte : « C'est une sagesse à eux, écrit-il, de se tenir dans cette retenue nécessaire à leur état. »

Les dépenses de l'hôtel ne s'élèvent, en 1702, qu'à 285000 livres, et encore dans cette somme figurent les pensions, bien faibles, il est vrai, servies par le prince, ainsi que les traitements des six professeurs de l'Université de Pont-à-Mousson (1380 livres en tout !), une allocation de 130 livres pour l'entretien du jardin botanique de la Faculté de médecine, et 600 livres octroyées à Bruguol, « géographe  ».

 

 

 

 

 

 

 

 



06/05/2019
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