La Lorraine dans le temps

La Lorraine dans le temps

La Croix aux Mines

CROIX-AUX-MINES (la), commune de l'arrondissement de Saint-Dié, canton de Fraize, à 61 kms d'Epinal, 15 de St-Dié et 8 de Fraize ; située, ainsi que le hameau du Chipal, dans une vallée resserrée, arrosée par le ruisseau de la Fave, à l'exception du hameau de Sadey, qui est situé sur un vallon ; terrain : gneiss ; sur le passage du chemin d'intérêt communal n° 84 de la Croix-aux-Mines à Laveline ; sillonnée par 5959 mètres de chemins vicinaux ordinaires et par 88705 mètres de chemins ruraux reconnus.

La station de chemin de fer la plus rapprochée est à Fraize à 8 km sur la ligne de St-Léonard à Fraize.

Poste et télégraphe à Fraize.

Population : 1898 habitants, 828ménages, 488 électeurs, 16 constructions municipales.

Perception et recette municipale de St-Léonard, résidence à St-Dié ; 2 recettes des douanes, dont une au hameau du Chipal.

1 sage-femme.

Paroisse dépendant de la cure de Fraize ; fête patronale le dimanche qui suit le 9 mai. Population protestante 1 habitant, pasteur à St-Dié.

Ecoles primaires : de garçons, une avec 6 élèves ; de filles, 120 élèves ; mixte, 75 élèves. 2 bibliothèques, 285 volumes. Bureau de bienfaisance, 288 francs de revenus annuels.

Brigade de gendarmerie à Fraize. 27 conscrits en 1885.

1 Compagnie de sapeurs-pompiers, 34 hommes.

 

 

Revenus annuels de la commune 8788 francs, dont 428 francs en rentes 8 % sur l'Etat; valeur du centime 68 francs 86; produit des 4 contributions 11848 francs 64, dont 2805 francs 19 sur les patentes.

 

Agriculture :Surface territoriale 1879 hectares, dont 410 en terres labourables, 249 en prés, 412 en bois, 12 en jardins, vergers, chenevières, 128 en friches. Cultures principales : seigle 4000 hectares, avoine 150 hectares, pommes de terre 40000 hectares. Valeur de la forêt communale 588000 francs.

 

Industrie : 1 carrière de marbre et 8 carrières de pierres à chaux. 1 filature de bourres de soie, 364 ouvriers, 4180 broches ; 180 métiers pour tissage à bras; 3 moulins ; 1 scierie hydraulique.

Principaux commerces : Fromages, planches, ouate, soie, bois de chauffage et d'industrie.

 

Hameaux :

Aunes et Rein (les), 183 habitants, 29 maisons ;

Behouille (la), 181 habitants, 89 maisons ;

Caniche (la), 74 habitants, 17 maisons ;

Chaumelle (les), 37 habitants, 10 maisons ;

Chipal (le), 234 habitants, 42 maisons ;

Grandes- Gouttes (les), 185 habitants, 37 maisons ;

Halle (la), 118 habitants , 25 maisons ;

Sadey, 287 habitants, 56 maisons ;

Sur-la-Croix, 88 habitants , 18 maisons.

 

Ecarts :

Ceuse (la), 18 habitants, 6 maisons ;

Cense-Broque (la), 16 habitants, 2 maisons ; .

Champ- Bègue, 80 habitants, 8 maisons ; Fonderie (la), 18 habitants , 4 maisons ;

Gouttelles (les), 9 habitants, 8 maisons ;

Grange-Fresse (la), 11 habitants, 3 maisons ;

Haute-Rue (la), 4 habitants , 8 maisons ;

Journaux (les), 14 habitants, 8 maisons ;

Puits-St-Jean (le), 15 habitants, 2 maisons ;

Rochette (la), 7 habitants, 2 maisons ;

Stingelle (la), 12 habitants, 3 maisons.

 

Fermes :

Belle- Vue, 5 habitans ;

Boude (la), 4 habitants ;

Champ-de l'Epine, 5 habitants ;

Ganse (la), 7 habitants ;

Grosse-Pierre (la), 6 habitants ;

Louvière (la), 8 habitants ;

Pré-de-Rave, 8 habitants ;

Pré-Guerha (le), 4 habitants ;

Pré-Jean-Dage, 6 habitants ;

Pré-Tournoi (le), 8 habitants ;

Rosporg, 6 habitants ;

Schlagues (les), 5 habitants ;

Viache (la), 5 habitants.

 

 

Curiosités naturelles.

1 - les Mines d'argent, de cuivre gris et de mercure, exploitées depuis le X• siècle;

2 - carrière de marbre blanc du Chipal, de la société des marbres d'Epinal, médaille en 1881 ;

3 - puits creusés pour éclairer les galeries des mines. Le plus important est le puits St-Jean, au bas du hameau des Grandes-Gouttes ; il est de forme carrée et a une profondeur de 188 mètres.

 

Ancienne population : 1710, 57 h.; an XII, 1239 h.; 1830, 1,447 h.; 1847, 1,649 h.; 1867, 1,680 h.

 

Histoire : L'origine de ce village parait remonter à l'époque de l'arrivée de Dieudonné dans le val de Galilée ; il n'y eut probablement, dans le principe, qu'une cellule bâtie par un disciple du solitaire, et près de laquelle s'éleva dans la suite un village dont l'exploitation des mines dut accroître rapidement la population. Cette exploitation avait déjà lieu au Xe siècle et appartenait aux monastères de Moyenmoutier et de Galilée. En 1250, Mathieu II donna un règlement pour les mineurs du val de Galilée. On y voit que le directeur était chargé de donner tous les ordres, de faire toutes les emplettes nécessaires à l'exploitation des mines, et de rendre tous les mois compte au receveur du duc Le forrese payait tous les quatre jours les mineurs, le hautmann entrait tous les jours dans la mine et, après avoir compté les mineurs, fermait la barrière pour qu'aucun ne puisse sortir sans sa permission.

Le 20 juin 1378, Marie de Blois, régente de Lorraine, confirma les franchises des ouvriers et directeurs des mines ; et, le 1er février 1556, le duc Charles confirma les ordonnances, statuts, franchises et privilèges des mines de la Croix. Ces mines, au dire de Sébastien Munster (Histoire d'Alsace), donnaient, en 1581, un bénéfice net de 1500 écus d'or par semaine, ce qui, d'après l'évaluation de l'écu d'or à dix francs, présente un revenu annuel de 750000 francs. Enfin, nous lisons dans le Mémoire sur les états du duché de Lorraine et Barrois, par M. de Vaubourg (1898) : « Les mines d'argent du village de la Croix étaient encore ouvertes et on y travaillait quand le duc de Lorraine (Charles IV) sortit de ses états en 1670. Depuis, les fermiers du roi, dans le bail desquels ces mines étaient comprises, ont négligé d'y faire travailler, apparemment parce qu'ils n'y trouvaient pas leur compte; en effet, la mine n'était pas abondante, et le travail coûtait plus qu'on n'en retirait de profit. Ce n'était cependant pas une chose à négliger en temps de paix ; bien entendu qu'on y travaillerait aux dépens des paysans.

 

Les trois principales exploitations qu'on faisait sur le territoire de la Croix s'appelaient St-Nicolas, St-Jean et Chipal. Ce dernier hameau avec Sadey et Algoutte, formaient la mairie de la Croix.

 

2 juin 1508. Règlement de René II, duc de Lorraine, qui permet à toute personne de bonne vie et mœurs de fouiller et de faire travailler dans les mines de Ste-Marie et de la Croix, pourvu qu'elle professe la religion catholique et romaine. (Annuaire de 1836, par Ch. Charton, éphémérides de juin.)

 

L'église date de la seconde moitié du XIV. siècle. La mairie a été construite en 1864, l'école de la Croix eu 1864, l'école du Chipal en 1872.

 

 

Extrait de « Le département des Vosges » par Léon LOUIS et Paul CHEVREUX – 1887 -  bibliothèque médiathèque de  Nancy.

 

 

 



06/03/2018
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