La Lorraine dans le temps

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La famille messine les domestiques

La famille messine : les domestiques

 

 

 

Les actes des notaires et des registres paroissiaux jettent quelque lumière sur les relations de maîtres à domestiques. II n'y a presque pas de testaments de maîtres sans un legs pour les domestiques ou servantes : soit un habillement complet de deuil avec une somme d'argent, soit les gages de toute une année même non achevée, soit, avec une somme d'argent, de la literie ou du linge. Citons, parmi une foule d'autres, le testament de Jeanne Gabrielle de Chamissot du 4 juillet 1779  : «Je donne à ma femme de chambre 200 livres de rente viagère, son année de gage, deux de mes robes de soie les plus supportées avec douze chemises de mes meilleures à son choix, son lit avec trois paires de draps de domestique des meilleurs et deux douzaines de serviettes à son choix. Je donne à ma cuisinière une année de gages et 300 livres. Je donne à mon cocher son année de gages, 400 livres et tous les habits qui sont à son usage. Je donne à mon laquais son année de gages, 300 livres, et tous les habits qui sont à son usage. Je donne à ma servante 50 livres et son année de gages ».

 

Les maîtres ou leurs fils, de quelque rang qu'ils soient, acceptent d'être parrains, les maîtresses ou leurs filles d'être marraines des enfants des domestiques : ils sont témoins à leur mariage ou au mariage de leurs enfants. Mais ce qui est plus intéressant, c'est que les domestiques et servantes sont parfois parrains ou marraines des enfants de leurs maîtres, comme c'est le cas au château de Crépy-lès-Peltre, le 27 septembre 1724, au baptême d'Anne, fille de M. Doré, seigneur de Crépy, en dehors du cas de nécessité. Dix jours après, le parrain épouse la fille de la marraine.

 

Les relations des domestiques entre eux semblent aussi avoir été bonnes, à en juger par plusieurs testaments, par exemple le suivant : Le 7 février 1785, Louis Pernet, domestique de M. le Princier de la Cathédrale, donne au sieur François Got, valet de chambre de M. le Princier, deux paires de draps, deux douzaines de serviettes et deux nappes «les plus neufs et les meilleurs» ; à Jeannette Dorvaux, la cuisinière, son gobelet d'argent et une paire de flambeaux de cuivre; et le reste de ses biens à la Charité du bouillon des pauvres de Metz. Il prie M. le Princier "son bon maître" de vouloir bien être son exécuteur testamentaire.

 

Texte publié dans le Jarh-Buch der Gesellschaft für lothringische Geschichte und Atltertumskunde , 1906 - (Annuaire de la société d'histoire et d’archéologie lorraine), écrit par l"abbé J-F. Poirier, curé de Peltre.

 



01/04/2018
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