La Lorraine dans le temps

La Lorraine dans le temps

Le marquisat de Nomeny

 

René Joffroy : Le Pays lorrain (Nancy) 1907

 

Depuis quelques années déjà, la ville, le château et la seigneurie de Nomeny étaient entre les mains de Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont, lorsque l'empereur Maximilien II érigea ces terres en marquisat par ses patentes du 9 juin 1567 lesquelles furent ratifiées à leur tour par Charles, cardinal de Lorraine, administrateur de l'Evêché de Metz dans une lettre datée de Cologne du 29 décembre 1569. Cette érection comportait nécessairement certaines charges, entre autres celles de «prester serment de fidélité aux évêques de Metz, de fournir les subsides demandés par l'Empire et de faire ressortir les appellations devant les officiers du bailliage de Vic jusqu'à la concurrence de 400 florins d'or. Mais en 1571, à la suite de plusieurs différents, le cardinal transigea avec le comte. Le droit de supériorité territoriale fut conservé à 1'évêque de Metz, aussi bien que le droit d'appel du juge de Nomeny au bailli de l'évêché d'où l'on pourrait aller à la Chambre impériale.

A part un traité passé le 14 décembre 1574 entre Nicolas, duc de Mercoeur et les Maître et Gouverneur de l'hôpital et « hostel Dieu de Nommeny, rien n'existerait comme pièce officielle de son administration. Aux termes de ce contrat, le comte de Vaudémont donne et assigne sur les plus clairs deniers de la recette de la cité, une rente annuelle et perpétuelle de 200 francs à cet établissement qui lui cède et abandonne en retour le droit qu'il avait de temps immémorial tant sur la cueillette des blés, avoine, orge, pois, fèves, que de tous autres grains se vendant « au bichat dudit lieu durant la semaine. »

Après avoir eu les évêchés de Metz et de Verdun, le nouveau marquis quittait l'état ecclésiastique en 1545. Il devint alors régent avec Christine de Danemark du jeune Charles Ill. Marié dès 1549 à Marguerite d'Egmond, morte peu après en 1554, il prit pour femme, l'année suivante, Anne de Savoie de Nemours, décédée à Nomeny le 4 juillet 1568, et enfin, en 1569, Catherine de. -Lorraine d'Aumale. De ces trois unions, le prince eut quinze enfants, entre autres Louise, la benjamine de son premier mariage, née au château de Nomeny le 30 avril 1554, qui épousa le 15 février 1574 Henri III, roi de France.

C'est elle, qui le 7 juin suivant céda à son frère consanguin, Philippe Emmanuel de Mercœur, tout ce qu'elle pouvait prétendre sur le marquisat, moyennant la somme de 150.000 francs, monnaie de Lorraine, dont elle se servit, d'après sa lettre de cession, pour sa dot ».

Ce duc ne devait attendre que quelques années avant d'être à la tête du domaine en effet, le comte de Vaudémont, père de tant de princes et princesses, s'éteignit le 23 janvier 1577, âgé seulement de 53 ans. Ses obsèques célébrées avec beaucoup de magnificence eurent lieu à la chapelle des Cordeliers à Nancy où reposent encore ses restes.

Le premier marquis de Nomeny avait pour successeur tout désigné, un de ses fils, Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, né à Nancy (4) le 9 septembre 1558, marié en 1570 à Marie de Luxembourg; il n’eut qu'une fille unique nommée Françoise qui s'unit à César de Vendôme.

Actif et intelligent comme nous le montrent ses divers actes d'administration, Philippe donna le 12 août 1578 « pour le repoz publicq et bien des Subjectz » une ordonnance assez importante, par laquelle « il unissait et incorporait la justice locale de Nomemny à la justice de son bailliage du marquisat », sous les restrictions et modifications contenues en 27 articles.

Quelque temps après, le 24 septembre 1598, à la suite d'un différend qui éclata entre Philippe Emmanuel et Messire Nicolas des Armoises, chevalier et seigneur de Neufville et du château d'Aulnois, ce dernier reconnait être le vassal du domaine de Nomeny en conséquence fait « ses foy et homage » à son marquis pour la terre d'Aulnois et ce qu'il possède au ban de Delme.

Quatre ans plus tard, le duc de Mercœur mourait, ne laissant pour seule héritière que sa fille Françoise encore sous la tutelle de sa mère Marie de Luxembourg.

A ce moment, le Cardinal de Lorraine, évêque de Metz, demanda à la douairière « l'homage, les recongnoissances et les devoirs que les sujets devoient à son Eglise », mais cette dernière réclama un délai jusqu'à ce que sa fille fut mariée. Ces princesses pensaient fort bien qu'elles ne pourraient conserver longtemps une telle administration, et de plus, n'habitant presque jamais sur les lieux, mais au contraire vivant continuellement à Paris en leur somptueux hôtel, elles commencèrent bientôt à louer leurs propriétés comme nous le prouve un bail datant de 1610 consenti par « Charles de Benvger, procureur de Mme Marie de Luxembourg, veuve de M. Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, administratrice des biens de la duchesse de Vendôme, sa fille, aux sieurs Gérard, François Labriet et autres, de tout le revenu du marquisat de Nomeny et ban de Letricourt et Ressaincourt pour huit ans, moyennant la somme de 22.200 francs barrois -par an. »

Néanmoins-la charge devint trop lourde, le 13 juillet 1612, « Pierre Chapelain, intendant de la dame de Mercœur » vendait au duc Henri II, le marquisat, les terres, maisons, villages en dépendant, ainsi que les droits de régalles et de justice y attachés. Le tout fut cédé moyennant une somme de 1 425 000 francs de Lorraine, à charge aussi d'acquitter les dettes et créances de cette seigneurie. Ce que l'empereur Mathias confirma le 2 octobre 1613.

Henry II ne tarda pas à prendre solennellement possession de ces terres, le 24 juillet suivant, il chargeait le comte de Tornielle, Michel Bouvet, Nicolas Pullenoy et Baltazard Royer, tous conseillers d'Etat et de son Altesse d'aller à Nomeny pour être investi du marquisat de ce nom, et de ce qui en dépendait, de recevoir ensuite le serment de fidélité des sujets et d'en dresser acte. Ils le firent deux jours plus tard à huit heures du matin comme nous l'indique le procès-verbal.

Dès qu'il fut à la tête de ce domaine, le duc travailla à en régler la justice. Le 16 août de la même année, une ordonnance parut; attribuant la connaissance des appellations à la chambre des Comptes de Lorraine.

« Attribution est faite à Messieurs des Comptes de Lorraine de la cognoissance, jusgements et devision tant des appeaulx qui s'interjetteront au marquisat de Nomeny, des jusgements rendus par les Bailly, Lieutenant et Conseillers du. Marquisat, en tous cas au-dessus des 300 francs de monnoye de nos pays, que de toutes difficultés, concernant les domaines aud. Marquisat et les terres en dépendant. »

Cela modifiait le règlement de 1578 qui, en réalité, n'offrait guère de garanties. Puis le 20 mars 1613 « comme marque d'aflection et acte d'amitié » Henry II fit donation à son épouse, Mme Marguerite de Gonzague, fille de Vincent de Mantoue « en cas qu'elle lui survive » et « sa vie durant seulement, mais â charge de ne pas convoler en secondes noces » de tout le domaine de Nomeny, tel qu'il l'avait acquis des dames de Mercoeur et de Vendôme.

Certains différends ayant éclaté à ce moment entre ses « chers et bien aymés subjects » on publia le 14 novembre 1618, un arrêt en deux articles, touchant la juridiction du bailliage et la police du marquisat. Aux termes de cette ordonnance, il est établi que dorénavant et pour l'administration, les receveur, gruyer, contrôleur et officiers connaitront simplement des contraventions aux règlements communaux et que la connaissance des autres faits quels qu’ils soient, demeurera au bailliage. A dater de cette époque jusqu'à la mort du duc, survenue le 30 juillet 1624, on ne retrouve plus que des lettres patentes du 27 janvier 1623 concernant la reconstruction des halles de Nomeny.

En vertu de l'acte de donation dont nous venons de parler, Marguerite se trouvait héritière de cette seigneurie au décès de son mari. Délaissant le Palais Ducal de Nancy, où les ambitions de François de Vaudémont se donnaient libre cour, et ne voulant plus être davantage mêlée à ces luttes, elle vint habiter sur les bords de la Seille.

Elle était arrivée depuis peu lorsqu'un certain nombre de désordres se produisirent parmi des individus sans aveu, récemment entrés en la ville, qui ne pouvait pas alors les rejeter de son sein rien ne réglant encore le droit de bourgeoisie pour les nouveaux arrivants. La duchesse voulut remédier à cet inconvénient, et le 25 juin 1626, elle fit paraître une ordonnance fort intéressante dont voici les principaux passages

« çeux qui seront reçus cy après en demeurance aud. Nomeny debvront avant qu'y estre admis bourgeois par bonnes valables attestations et non mendices, faire paroistre de leur vie, mœurs, réputations, déportements et de leur sortie à mains, feront iceux pareillement paroistre de leurs moyens et facultés domestiques suffisant à leur entretien et revenant au moins à la concurrence de 400 francs, monnoye de Lorraine ci ce n'est que par leurs expertise, science, art et inventions utiles au public ils soient jugés capables d'y estre reçus bourgeois et dispensés en partie ou pour le tout du fond des 400 francs susdits ».

« L'estranger qui épousera fille ou femme de Nomeny sera affranchy du droit d'entrée pourvu qu'il fut de la qualité requise. Les serviteurs et servantes estrangers qui se marieront ensemble, seront admis à lad. bourgeoisie et francs d'entrée en tant qu'ils y auront rendu service actuel par six années consécutives et ou l'un d'iceux se trouveroit avoir servuy six années de suite et l'autre non, ne contribueront aud. droit d'entrée sinon pour la moitié qui sera de 15 francs. »

Revenue à Nancy dans le courant de l'année 1631 afin de fuir les fléaux s'abattant sur le marquisat, Marguerite s'éteignit le 7 février suivant, à l'âge de 40 ans, et sur son désir fut enterrée en habit de religieuse dominicaine, à côté de son mari, dans l'église Collégiale Saint-Georges.

Madame de Gonzague disparaissait juste à temps pour ne pas voir dans toute son étendue les misères et l'envahissement de son cher Nomeny. Jusqu'alors ce domaine avait joui des bienfaits de la paix et semblait en pleine prospérité, mais la période d'agitation allait commencer pour lui, il devait suivre la fortune de Lorraine pendant la guerre de Trente Ans d'autant plus qu'il se trouvait maintenant directement rattaché à la couronne ducale de Charles IV.

Dans une lettre de Louis XIII, adressée à ce prince en juin 1632, on lit « qu'au préjudice du Traité de Vic, ayant reçu le duc d'Orléans dans ses Etats et ayant permis qu'il taillât en pièces une compagnie de carabiniers que le maréchal d'Effiat y faisait passer de bonne foi et ayant facilité l'entrée au duc d'Orléans à main armée dans le royaume de France, il se trouve dans la nécessité de le punir de sa témérité et de porter chez lui le feu de la guerre qu'il prétendait allumer dans le royaume de France. »

Dès le début, Nomeny fut au pouvoir des Français, puis en 1635, les Ecossais, les Suédois occupèrent la ville pendant un certain temps. A l'arrivée de ces derniers, la misère et la désolation étaient horribles, en effet, on remarque ces mentions portées sur les registres des comptes du receveur du marquisat :

Année 1635 « la cherté des vivres et la disette extrême d'iceux auroit obligé la meilleure partie des habitants à quitter leurs demeures pour n'avoir pas de quoi subsister. »

Année 1661 «  à l'occasion des guerres qui ont commencé à régner dès l'an 1631 il y a des misères et des désolations si grandes, qu'à peine peut-on présentement tirer partie des redevances et nommément des cens, lesquels sont affectés sur des manoirs ruinés entièrement et sur des héritages incultes et en friches. J

Années 1671-72 « on n'est pas encore remis des fléaux ».

A tous ces malheurs, vint s'ajouter celui de la démolition par un arrêt du 1er février 1636, le Cardinal de Richelieu ordonnait le démantèlement de la plupart des places fortes lorraines, ne voulant plus qu'à l'avenir, elles puissent lui résister. C'est alors que le vieux château de Nomeny, élevé en 1390 par Thierry Bayer de Boppart fut détruit, les tours arrachées et les

Les deux portes de la cité ont seules été épargnées elles subsistèrent presque jusqu'à nos jours grâce aux nombreuses réparations dont elles furent l'objet.

A l'avènement de Louis XIV, rien n'avait changé dans le marquisat, les Français s'y trouvaient toujours en permanence. Cependant Charles IV commençait à faire démarches sur démarches à la cour du Grand Monarque afin de conclure un traité d'accommodement avec le roi. Aussi le Cardinal Mazarin « lassé de se voir assiégé par le duc et par les princes de sa maison, demanda au roy un plein pouvoir de traiter. Il fut expédié le 15 de novembre 1660 mais l'affaire traîna encore trois mois et demi. Les conférences se tinrent à Vincennes et le traité fut signé neuf jours avant la mort du Cardinal, le dernier de février 1661 ».

Aux termes de ce traité, Charles de Lorraine rentrait en possession de la vallée de la Seille, moyennant certaines places et concessions ainsi que ses foi et hommage à la Couronne de France. Le duc ne fut pas entièrement satisfait, car à la diète de Ratisbonne en 1663, il se plaignit déjà « des entreprises que les Français faisaient sur le marquisat. » La même année, Louis XIV se trouvant à Nomeny fit ranger ses troupes en bataille près du château, les passa en revue puis en donna le commandement au maréchal de la Ferté Sennecterre qui alla s'emparer de Marsal et le 1er septembre, le roi ratifiait le traité passé à Metz la veille, où il était arrêté qu'on nommerait incessamment des commissaires de part et d'autre afin de régler les difficultés touchant ce domaine.

De nouveaux sujets de mécontentement devaient surgir encore en 1668, deux députés de la cour ducale furent envoyés à Paris sur la demande du roi pour trancher certains différents, mais les négociations n'aboutirent à aucun résultat. L'armée française réapparut l'année suivante, plus impitoyable qu'autrefois, la guerre recommençait avec sa longue théorie de misères. Le maréchal de Créqui, accompagné de 18ooo hommes, occupa la place de Nomeny et y prit ses quartiers d'hiver.

En 1677, le marquisat vit une dernière fois des troupes commandées par un duc de Lorraine Charles V, neveu de l'intrépide Charles IV y vint en effet camper sur la rive droite de la Seille et y appuya la gauche de son armée. Elle s'étendait jusqu'au fort d'Eply, séparé de Morville par le fleuve au-delà duquel le Maréchal de Créqui avait massé le gros de ses forces.

Cette occupation étrangère ne devait prendre fin qu'en 1697 par le traité de Riswick, rétablissant Léopold à la tête du duché lorrain. Sans tarder, il en régla l'administration intérieure et y releva les ruines accumulées par la guerre. Le 3 août 1698 paraissait un édit «portant suppression des offices des bailliages, prévotés, grueries, salines, etc. et création de nouveaux. Il établissait un maire en la ville de Nomeny, un bailliage composé d'un lieutenant général, d'un lieutenant particulier, d'un conseiller assesseur, d'un notaire-procureur, d'un tabellion garde-notes, de deux autres tabellions d'un huissier audiencier exploitant et de deux sergents. Il créait également une gruerie comprenant un gruyer, un contrôleur, un sergent du domaine, un arpenteur et forestier.

Ces dispositions furent de courte durée, car afin de diminuer les officiers qui étaient à la charge de ses sujets, le duc supprima le bailliage en 1718 et le remplaça par une prévôté dont les appels étaient portés à celui de Nancy. Les juges de la prévôté connaissaient les affaires de la Châtellenie et de trois villages de la mairie de Delme ; la France ayant exigé la cession des autres à cause de leur situation sur la route de Phalsbourg à Metz. Cette même année, par le traité de Paris «  le roy avait déchargé le duc pour le marquisat de tous les droits de suprême domaine que la couronne avaient acquis tant par le de Munster de l'an 1648, qu'autrement. » Quant aux travaux matériels, Léopold ne contribua guère qu'à la reconstruction du pont, jeté sur la Seille, proche des remparts.

Au contraire, François III eut plus de soucis que son père pour remédier aux dévastations de l'ennemi. De concert avec les administrateurs municipaux, il fit réparer les chemins et restaurer les portes de la ville que l'on surmonta à ce moment, d'un pavillon. Pendant ces travaux, 300 soldats français, occupés à la guerre de succession de Pologne, y passèrent l'hiver de 1736, mais on supporta facilement leur présence. Nomeny, du reste, avait repris son air de gaieté ainsi le 12 février précédent, à l'occasion du mariage dé leur duc et marquis avec l'impératrice Marie-Thérèse, les habitants avaient fêté cette union par de grandes réjouissances publiques.

Il nous semble qu'il n'est pas sans intérêt de transcrire ici le mémoire relatif aux dépenses qu'elles ont occasionnées.

« Mémoire de François-Gabriel Thouvenin, receveur-commis de l'hôtel de ville, de ce qu'il a fourni et acheté à Metz pour le feu de joie pour le mariage de S. A. R. du 12 février 1636 :

401 lampions : 12 livres  10 sols

34livres de suif : 17 livres 17 sols  11 deniers

13 pains de goudron : 3 livres 7 sols

Avoir apporté biscuits, macarons, pains d'épices pour le repas à l'occasion de la fête : 5 livres  1 sol  6 deniers

10 pots de vin de pays : 12 livres

Pour un lièvre : 4 livres

Pour un canard sauvage : 3 livres

Pour deux salades endive : 3 livres

Le surplus du repas a été fourni par M. le Prévôt qui n'en a rien voulu.

Un demi-cent de fagots pour le feu de joie. : 5 livres

La perche et la façon à Fv. Petit : 1 livre 10 sols

Ouvrage de Jean Clément pour les lampions : 5 livres

2 flambeaux de poix : 3 livres 12 sols 4 deniers

1 quarteron de bougies : 15 sols

Mon voyage à Metz : 18 livres

Plus 12 bouteilles de Bourgogne à 30 sols la bouteille : 18 livres

Pour 3 particuliers pour allumer les lampions : 3 livres

Pour 5 joueurs de violon, dont ils ont eu du vin qu'ils doivent payer ; seulement 10 livres

Au sieur François pour avoir tiré des boites et fait 3 réchots, 1 pour le puit de la place et 2 devant l'hôtel de ville : 24 livres

Au sonneur pour avoir sonné pendant le feu : 1 livre 10 sols

Huile, chandelles au sieur Michel : 1 livre 14 sols

Faisant un total général de 156 livres 18 sols 3 deniers.

A la prise de possession du duché de Lorraine par Stanislas, le 21 mars 1737, le marquisat passa nécessairement entre les mains du roi de Pologne. Ce dernier désirant placer à Nomeny de la cavalerie et de plus n'ayant jusqu'à présent aucun établissement propre à recevoir les chevaux malades de ses troupes, fit construire des casernes en exécution d'un arrêt de son conseil des finances du 29 avril 1741. On commença les travaux l'année suivante sur le bord de la Seille, à une cinquantaine de mètres du pont. Ces bâtiments servirent peu, ils subsistent encore de nos jours et sont loués à différents cultivateurs comme remises.

En fait d'administration, il n'y avait plus qu'une prévôté en 1737. Un bailliage fut créé de nouveau par l'édit de Lunéville du mois de juin 1751. Il se composait d'un bailli, d'un lieutenant-général, d'un lieutenant-particulier-assesseur, d'un conseiller, d'un avocat-général-procureur du roi et d'un greffier. L'hôtel de ville avait un maire-royal-chef de police, trois échevins, un échevin-trésorier, un procureur du roi et un secrétaire-greffier.

Comme on le voit, l'organisation civile du marquisat sous Stanislas était à peu près identique à celle de Léopold. Elle aussi ne devait pourtant pas vivre bien longtemps ; en effet, le bienfaisant duc et roi mourait le 23 février 1766, le domaine de la Seille était par ce fait incorporé à la France de même que la Lorraine dont il faisait partie. Le règne des marquis de Nomeny était passé.

René JOFFROY

 

 



01/12/2017
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