La Lorraine dans le temps

La Lorraine dans le temps

Le mode de vie des enfants lorrains au XIXème siècle

Dès la naissance, l’enfant était emmailloté et sanglé dans un berceau de bois. Le bébé était libre de ses mouvements uniquement durant le change, qui se déroulait très rapidement afin qu’il ne prenne pas froid. L’enfant était emballé dans un grand rectangle de tissu où les membres étaient enserrés et maintenus par des bandes de lin ou de coton enroulées autour de lui. Ceci se faisait par souci de protection. Le bébé était coiffé, même à l’intérieur de la maison. Lorsque le petit commençait à se déplacer, les parents bourraient le bonnet de paille ou de tissu pour lui protéger le crâne en cas de chute.

Une longue et étroite bande d’étoffe enserrait les bras du bébé, qui durant quatre mois étaient alignés le long de son corps. Les jambes étaient gardées rigidement étendues jusqu’à l’âge de huit à dix mois.

 

Emmaillotés telles des momies, ces enfants étaient bien souvent victimes de malformations dues à des membres immobilisés trop longtemps.

Parfois une planche de bois, percée d’un trou où était passée une corde, était posée dans le dos de l’enfant. Les jambes allongées et les bras tendus, la planche et l’enfant étaient enserrés dans du coton et des bandes de tissu. Cette pratique permettait ainsi d’accrocher ou de suspendre le bébé à une tige de fer, à un clou ou à une branche, dans le but de le surveiller ou de le garder à proximité du regard tout en le protégeant des animaux.

 

 

 

Une enfance parmi d’autres : celle de mon arrière-grand-mère, Catherine LEONARD (Mance, Meurthe et Moselle 1871 – Void, Meuse 1953)

 

A la campagne, dans les années 1870, la vie reste toujours rythmée, comme dans les siècles passés, par les travaux agricoles et les fêtes calendaires : Noël, la Chandeleur, les Rameaux, Pâques, la Toussaint, les fêtes des moissons.

L’entraide est de règle, surtout lors des fêtes. Si une veuve n’a pas d’œufs pour préparer des crêpes à ses enfants pour la Chandeleur, on lui en donne. Les plus pauvres, qui n’ont que des fagots à brûler, font avant Noël le tour des maisons pour obtenir une bûche à mettre dans la cheminée.

 

Les poupées des fillettes sont en chiffon ou en paille. Parfois même, les petites s’en font une avec un épi de maïs pas encore mûr : enveloppé dans sa coque verte comme dans une robe, avec ses filaments qui lui servent de longue chevelure blonde, l’épi peut faire une poupée acceptable si on lui dessine deux yeux et une bouche.

 

Les enfants marchent avec des sabots de petite taille dans lesquels ils sont pieds nus (souvent avec un peu de paille) ou bien, avec des bas l’hiver, pour les plus aisés.

 

Comme les tissus usagés sont beaucoup plus doux, on lange ou on habille les petits dans des vêtements d’adultes retaillés. Petits garçons et petites filles portent tous des robes sous lesquelles on les laisse nus (du moins aux beaux jours), une façon pratique de laver peu de linge et de les inciter à être propres à leur rythme.

 

Très tôt, les enfants aident aux travaux ménagers. Catherine, comme les filles de son âge, doit s’occuper des animaux, car à la campagne, tout le monde a des animaux, poules, lapins, peut-être même un cochon. Et puis, il y a les chevaux. Un charpentier (c’était la profession du père de Catherine) se doit de disposer de chevaux pour transporter le bois.

 

 

Quand Catherine a six ans, elle va à l’école de Mance. Cette commune dispose d’une maison d’école toute neuve, aménagée en 1865.

Le trajet entre le domicile de ses parents, la Malmaison et Mance (deux kilomètres) se fait à pied ou parfois en charrette lorsque le temps est mauvais. Le repas de midi est emporté le matin dans un panier, avalé sous le préau ou dans la classe, l’hiver. Il se compose le plus souvent de tartines de pâté, d’un morceau de pain avec un œuf ou du fromage, d’un fruit (pomme, poire, noix du verger) et d’un flacon de vin ou de piquette coupé d’eau. Jamais d’eau pure, signe de pauvreté inavouable !

 

Denis BERNARD

 

 



10/09/2018
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