La Lorraine dans le temps

La Lorraine dans le temps

Le territoire de la Meurthe avant la révolution : bailliages

 

 

Source : Texte du Dictionnaire topographique du département topographique du département de la Meurthe, rédigé sous les auspices de la Société d'archéologie lorraine par M. Henri Lepage (1862)

 

"Ce pays n'appartenait pas tout entier aux ducs bénéficiaires : sans parler des comtes de Bar, dont les États étaient assez vastes, des villes de Metz, Toul et Verdun, et de leurs territoires, qui étaient du domaine des évêques, plusieurs comtés, parmi lesquels ceux de Salm et de Dagsbourg (Dabo), s'étaient établis sur divers points et avaient fini par conquérir une sorte d'indépendance. On n'a point de documents qui permettent d'indiquer quelles transformations s'opérèrent, dans les divisions administratives de notre pays sous les ducs bénéficiaires, et sous les premiers ducs héréditaires de Lorraine. Tout ce qu'on sait d'une manière peu près positive, c'est que la création des prévôtés remonte au règne de Mathieu Ier (1139-1176), et celle des bailliages à Mathieu II (1220-1251). Doit-on en conclure que la Lorraine fût, dès ces époques, partagée en circonscriptions prévôtales et bailliagères, comme nous la voyons plus tard ? Cela n'est pas probable ; en tout cas, c’est seulement au XIV° siècle que les historiens nous la montrent divisée en trois grands ressorts administratifs et judiciaires, désignés sous les noms de bailliages de Nancy, Vosge et Allemagne. Il n'est pas question des prévôtés ; néanmoins il y a tout lieu de penser qu'elles furent organisées en même temps que les bailliages, vastes districts dont elles formaient comme les cantons. On ne dit rien non plus des grueries, qui avaient pour objet l'administration des forêts de l'État, et dont le ressort était généralement le même que celui des prévôtés. Au reste, les documents des XV°, XVI° et XVII° siècles prouvent que, le plus souvent, les fonctions de gruyer et de prévôt étaient exercées par un seul individu, qui se qualifie fréquemment encore de capitaine ou châtelain et receveur. Sa principale mission, en effet, au point de vue administratif, était de percevoir les revenus de toute nature du domaine ducal, dans sa circonscription, et d'acquitter les dépenses ordinaires et extraordinaires. Le reliquat de ses recettes en argent était versé dans la caisse du receveur général de Lorraine, et il justifiait de sa gestion devant la Chambre des Comptes, en lui adressant ses registres annuels, que celle-ci contrôlait et revêtait ensuite de son approbation. C'est ce que n'indiquent pas nos recueils d'ordonnances, qui ne nous représentent les prévôts que comme des gens de robe et d'épée. Il est vrai que ces officiers ne remplissaient pas toujours les fonctions de receveurs, mais on les en voit fréquemment investis. Quant aux baillis, on n'en fait également que des magistrats et des commandants militaires, quoique probablement, ils eussent encore des attributions civiles. Mais, en l'absence de renseignements précis, je n'oserais rien affirmer à cet égard.

Il faut arriver jusqu'à la fin du XVI° siècle pour rencontrer un document qui fasse connaître d'une manière exacte et complète les anciennes divisions, et subdivisions administratives de notre pays. C'est en 1594 que, d'après les ordres du duc Charles III, Thierry Alix , seigneur de Veroncourt, président de la Chambre des Comptes, rédigea son Dénombrément du duché de Lorraine, dans lequel, outre ces divisions et subdivisions, il indique les fiefs, les terres appartenant au clergé, celles qui formaient le domaine ducal, et les terres partagées soit entre les seigneurs et le clergé, soit entre le clergé et le domaine, soit entre le domaine et les possesseurs de fiefs.

D'après ce Dénombrement, le duché de Lorraine se composait alors de huit bailliages : ceux de Nancy, Vosge , Allemagne, Vaudémont, Épinal, Châtel-sur-Moselle, Hattonchâtel et Apremont ; de quatre comtés : ceux de Vaudémont, Blâmont, Chaligny et Bitche (Moselle) ; enfin, de plusieurs villes et châtellenies qui n'étaient de bailliage : Blâmont, Deneuvre, Marsal ; Phalsbourg; Sarrebourg, la terre de Saarecke, etc.    La portion de territoire qui forme aujourd'hui le département de la Meurthe comprenait :

  1. Dans le bailliage de Nancy, la prévôté et la châtellenie de ce nom, de laquelle dépendaient les terres de l'Avant-Garde, de Pierrefort et de Haye et le comté de Chaligny ; les prévôtés et châtellenies de Rosières, Einville, Lunéville, Amance, Condé (Custines) et Val-des-Faulx , Prény, Gondreville, Azerailles.
  2. Dans le bailliage de Vosge, quatre villages seulement de la prévôté et châtellenie de Charmes et un de la prévôté de Dompaire (celui d'Aboncourt-en-Vosges).
  3. Dans le bailliage d'Allemagne, les châtellenies de Dieuze et de Morsperg (Marimont), la terre et seigneurie de Morhange.
  4. La majeure partie du bailliage du comté de Vaudémont.
  5. Dans le bailliage de Châtel, la terre de Bainville-aux-Miroirs et quelques villages.
  6. Dans le bailliage d'Apremont, deux villages.      

Les divisions indiquées dans le Dénombrement du président Alix paraissent avoir subsisté, sauf quelques légères modifications, jusqu'au règne de Léopold. L'édit du 31 août 1698 créa de nouvelles juridictions et changea le ressort des anciennes. C'est à cette occasion, sans doute, que le géographe Bugnon fut chargé de rédiger son Polium des duchés de Lorraine et Barrois, où, comme dans le travail fait par les ordres du duc Charles III, on  trouve la nomenclature des circonscriptions administratives et celle des lieux qui y étaient compris. Voici le tableau sommaire de ces circonscriptions :

Duché de Lorraine.

  1. Bailliage de Nancy, comprenant les prévôtés de Nancy, Saint-Nicolas, Rosières, Amance, Château-Salins ; Gondreville, Prény, Pompey, Condé, Chaligny, Marsal et Einville.  
  2. Bailliage de Lunéville, ayant dans son ressort les prévôtés de Lunéville, Azerailles, Blâmont, Deneuvre, et celle du comté de Salm, sous le nom de Badonviller.
  3. Dans le bailliage de Vosge, la prévôté de Charmes, renfermant seule quelques villages du département de la Meurthe.
  4. Bailliages particuliers et sièges bailliagers : Châtel, Nomeny  et Vaudémont, ce dernier ayant Vézelise pour chef-lieu.
  5. Bailliage d'Allemagne, comprenant les prévôtés de Dieuze et d'Insming, la terre de Saarecke, la prévôté et principauté de Lixheim et la seigneurie de Fénétrange.

Duché de Bar.

  1. Bailliage de Saint-Mihiel, avec partie des prévôtés d'Apremont, de Bouconville et de Foug.
  2. Bailliage -de Pont-à-Mousson ayant dans son ressort la prévôté de ce nom et celles de Thiaucourt et de Mandres-aux-Quatre-Tours.

Les divisions établies en 1698 se conservèrent, à part quelques changements, jusqu'en 1751. Durant cet intervalle, des modifications avaient été introduites dans une branche importante de l'administration: par son édit du mois de décembre 1747, Stanislas avait supprimé les offices de grands gruyers, maîtres et réformateurs des eaux et forêts, ainsi que les chargés de gruyers, et créé quinze maîtrises particulières, "savoir : une à Nancy, ayant pour ressort les grueries de Nancy, Chaligny, Rosières, Gondreville, Val-des-Faulx, l'Avant-Garde, Amance et Château-Salins ; une à Lunéville, comprenant les grueries de Lunéville, Einville, Blâmont, Azerailles et Deneuvre ; une à Saint-Dié, de laquelle dépendait la gruerie de Badonviller ; une à Neufchâteau, dans le ressort de laquelle fut placée la gruerie de Vézelise ; une à Dieuze ,avec la gruerie de cette ville et celle de Marsal ; une à Sarreguemines, comprenant les grueries de Lixheim et de Fénétrange ; une à Saint-Mihiel, renfermant les grueries de Mandres, Foug et Thiaucourt ; enfin, une, à Pont-à-Mousson, ayant pour ressort les grueries de Pont-à-Mousson, Pagny et Nomeny".

L'édit du mois de juin 1751 supprima presque toutes les prévôtés, excepté, pour notre circonscription, celle de Badonviller, et créa des bailliages royaux dans les villes de Blâmont, Charmes, Château-Salins, Châtel, Commercy, Darney (duquel dépendait le village d'Aboncourt), Dieuze, Fénétrange, Lixheim, Lunéville, Nancy, Nomeny, Pont-à-Mousson, Thiaucourt et Vézelise, modifiant plus ou moins le ressort des anciens bailliages.

A partir de 1766, époque où elle fut réunie à la France, la Lorraine reçut une organisation analogue à celle des autres provinces du royaume, c'est-à-dire qu'elle fut administrée par un intendant ayant sous ses ordres des subdélégués ; les bailliages, devinrent alors des subdélégations, avec la même circonscription que précédemment.

Le 8 juillet 1787, le roi fit un règlement sur la formation et la composition des assemblées provinciales des duchés de Lorraine et de Bar, et ils furent divisés en douze districts, dont il y eut des chefs-lieux à Nancy, Lunéville et Pont-à-Mousson. Quant à la portion de notre département comprise dans ce qu'on appelait la province des Trois-Évêchés, on ne possède d'autre division officielle que celle qui est indiquée dans le Traité du département de Metz, publié par Stemer en 1756 ; nous y trouvons les circonscriptions suivantes :

  1. Dans le bailliage de Toul, les châtellenies de Blénod, Brixey, Maizières, et la prévôté de Liverdun, du temporel de l'évêché de Toul, et formant le bailliage de l’évêché, dont les appels ressortissaient au bailliage royal ; les Prévôtés de Vicherey, Villey-Saint-Étienne et Void, dépendant du temporel du chapitre de la cathédrale, plus quatre hautes justices à des laïques, parmi lesquelles Housselmont et Ménil-la¬Tour.
  2. Dans le bailliage de Verdun, la prévôté de Dieulouard, du domaine de l'évêché de Verdun.
  3. Dans le bailliage de Sarrelouis, Donnelay, Gelucourt, Juvelise et Lezey, qualifiés villages de la route, cédés en exécution de l'article 13 du traité de 1661.
  4. Dans le bailliage de Vic, les châtellenies de Vic, la Garde, Fribourg, Albestroff, Haboudange, Moyen, Baccarat ; la mairie de Réméréville, du domaine de l'évêché de Metz ; plus beaucoup de villages qui n'étaient pas du domaine de l'évêché.
  5. Les prévôtés de Phalsbourg et de Sarrebourg, créées en 1661, et dont les appels ressortissaient au bailliage de Sarrelouis.

Il y avait pour les Trois-Évêchés, comme pour la Lorraine et le Barrois, une intendance, appelée aussi généralité du département de Metz. Elle comprenait onze subdélégations, parmi lesquelles cinq seulement renfermaient des communes du département de la Meurthe : les subdélégations de Phalsbourg, Sarrebourg, Toul, Vic et Metz. De cette dernière ne dépendaient que Baudrecourt, Morville-sur-Nied et Saint-Epvre. Ainsi qu'on vient de le voir, le territoire formant le département de la Meurthe appartenait, sur la fin du siècle dernier, à deux provinces distinctes et se partageait entre un grand nombre de circonscriptions administratives d'origines diverses

 

Source : Texte du Dictionnaire topographique du département topographique du département de la Meurthe, rédigé sous les auspices de la Société d'archéologie lorraine par M. Henri Lepage (1862)

"Ce pays n'appartenait pas tout entier aux ducs bénéficiaires : sans parler des comtes de Bar, dont les États étaient assez vastes, des villes de Metz, Toul et Verdun, et de leurs territoires, qui étaient du domaine des évêques, plusieurs comtés, parmi lesquels ceux de Salm et de Dagsbourg (Dabo), s'étaient établis sur divers points et avaient fini par conquérir une sorte d'indépendance. On n'a point de documents qui permettent d'indiquer quelles transformations s'opérèrent, dans les divisions administratives de notre pays sous les ducs bénéficiaires, et sous les premiers ducs héréditaires de Lorraine. Tout ce qu'on sait d'une manière peu près positive, c'est que la création des prévôtés remonte au règne de Mathieu Ier (1139-1176), et celle des bailliages à Mathieu II (1220-1251). Doit-on en conclure que la Lorraine fût, dès ces époques, partagée en circonscriptions prévôtales et bailliagères, comme nous la voyons plus tard ? Cela n'est pas probable ; en tout cas, c’est seulement au XIV° siècle que les historiens nous la montrent divisée en trois grands ressorts administratifs et judiciaires, désignés sous les noms de bailliages de Nancy, Vosge et Allemagne. Il n'est pas question des prévôtés ; néanmoins il y a tout lieu de penser qu'elles furent organisées en même temps que les bailliages, vastes districts dont elles formaient comme les cantons. On ne dit rien non plus des grueries, qui avaient pour objet l'administration des forêts de l'État, et dont le ressort était généralement le même que celui des prévôtés. Au reste, les documents des XV°, XVI° et XVII° siècles prouvent que, le plus souvent, les fonctions de gruyer et de prévôt étaient exercées par un seul individu, qui se qualifie fréquemment encore de capitaine ou châtelain et receveur. Sa principale mission, en effet, au point de vue administratif, était de percevoir les revenus de toute nature du domaine ducal, dans sa circonscription, et d'acquitter les dépenses ordinaires et extraordinaires. Le reliquat de ses recettes en argent était versé dans la caisse du receveur général de Lorraine, et il justifiait de sa gestion devant la Chambre des Comptes, en lui adressant ses registres annuels, que celle-ci contrôlait et revêtait ensuite de son approbation. C'est ce que n'indiquent pas nos recueils d'ordonnances, qui ne nous représentent les prévôts que comme des gens de robe et d'épée. Il est vrai que ces officiers ne remplissaient pas toujours les fonctions de receveurs, mais on les en voit fréquemment investis. Quant aux baillis, on n'en fait également que des magistrats et des commandants militaires, quoique probablement, ils eussent encore des attributions civiles. Mais, en l'absence de renseignements précis, je n'oserais rien affirmer à cet égard.

Il faut arriver jusqu'à la fin du XVI° siècle pour rencontrer un document qui fasse connaître d'une manière exacte et complète les anciennes divisions, et subdivisions administratives de notre pays. C'est en 1594 que, d'après les ordres du duc Charles III, Thierry Alix , seigneur de Veroncourt, président de la Chambre des Comptes, rédigea son Dénombrément du duché de Lorraine, dans lequel, outre ces divisions et subdivisions, il indique les fiefs, les terres appartenant au clergé, celles qui formaient le domaine ducal, et les terres partagées soit entre les seigneurs et le clergé, soit entre le clergé et le domaine, soit entre le domaine et les possesseurs de fiefs.

D'après ce Dénombrement, le duché de Lorraine se composait alors de huit bailliages : ceux de Nancy, Vosge , Allemagne, Vaudémont, Épinal, Châtel-sur-Moselle, Hattonchâtel et Apremont ; de quatre comtés : ceux de Vaudémont, Blâmont, Chaligny et Bitche (Moselle) ; enfin, de plusieurs villes et châtellenies qui n'étaient de bailliage : Blâmont, Deneuvre, Marsal ; Phalsbourg; Sarrebourg, la terre de Saarecke, etc.    La portion de territoire qui forme aujourd'hui le département de la Meurthe comprenait :

  1. Dans le bailliage de Nancy, la prévôté et la châtellenie de ce nom, de laquelle dépendaient les terres de l'Avant-Garde, de Pierrefort et de Haye et le comté de Chaligny ; les prévôtés et châtellenies de Rosières, Einville, Lunéville, Amance, Condé (Custines) et Val-des-Faulx , Prény, Gondreville, Azerailles.
  2. Dans le bailliage de Vosge, quatre villages seulement de la prévôté et châtellenie de Charmes et un de la prévôté de Dompaire (celui d'Aboncourt-en-Vosges).
  3. Dans le bailliage d'Allemagne, les châtellenies de Dieuze et de Morsperg (Marimont), la terre et seigneurie de Morhange.
  4. La majeure partie du bailliage du comté de Vaudémont.
  5. Dans le bailliage de Châtel, la terre de Bainville-aux-Miroirs et quelques villages.
  6. Dans le bailliage d'Apremont, deux villages.      

Les divisions indiquées dans le Dénombrement du président Alix paraissent avoir subsisté, sauf quelques légères modifications, jusqu'au règne de Léopold. L'édit du 31 août 1698 créa de nouvelles juridictions et changea le ressort des anciennes. C'est à cette occasion, sans doute, que le géographe Bugnon fut chargé de rédiger son Polium des duchés de Lorraine et Barrois, où, comme dans le travail fait par les ordres du duc Charles III, on  trouve la nomenclature des circonscriptions administratives et celle des lieux qui y étaient compris. Voici le tableau sommaire de ces circonscriptions :

Duché de Lorraine.

  1. Bailliage de Nancy, comprenant les prévôtés de Nancy, Saint-Nicolas, Rosières, Amance, Château-Salins ; Gondreville, Prény, Pompey, Condé, Chaligny, Marsal et Einville.  
  2. Bailliage de Lunéville, ayant dans son ressort les prévôtés de Lunéville, Azerailles, Blâmont, Deneuvre, et celle du comté de Salm, sous le nom de Badonviller.
  3. Dans le bailliage de Vosge, la prévôté de Charmes, renfermant seule quelques villages du département de la Meurthe.
  4. Bailliages particuliers et sièges bailliagers : Châtel, Nomeny  et Vaudémont, ce dernier ayant Vézelise pour chef-lieu.
  5. Bailliage d'Allemagne, comprenant les prévôtés de Dieuze et d'Insming, la terre de Saarecke, la prévôté et principauté de Lixheim et la seigneurie de Fénétrange.

Duché de Bar.

  1. Bailliage de Saint-Mihiel, avec partie des prévôtés d'Apremont, de Bouconville et de Foug.
  2. Bailliage -de Pont-à-Mousson ayant dans son ressort la prévôté de ce nom et celles de Thiaucourt et de Mandres-aux-Quatre-Tours.

Les divisions établies en 1698 se conservèrent, à part quelques changements, jusqu'en 1751. Durant cet intervalle, des modifications avaient été introduites dans une branche importante de l'administration: par son édit du mois de décembre 1747, Stanislas avait supprimé les offices de grands gruyers, maîtres et réformateurs des eaux et forêts, ainsi que les chargés de gruyers, et créé quinze maîtrises particulières, "savoir : une à Nancy, ayant pour ressort les grueries de Nancy, Chaligny, Rosières, Gondreville, Val-des-Faulx, l'Avant-Garde, Amance et Château-Salins ; une à Lunéville, comprenant les grueries de Lunéville, Einville, Blâmont, Azerailles et Deneuvre ; une à Saint-Dié, de laquelle dépendait la gruerie de Badonviller ; une à Neufchâteau, dans le ressort de laquelle fut placée la gruerie de Vézelise ; une à Dieuze ,avec la gruerie de cette ville et celle de Marsal ; une à Sarreguemines, comprenant les grueries de Lixheim et de Fénétrange ; une à Saint-Mihiel, renfermant les grueries de Mandres, Foug et Thiaucourt ; enfin, une, à Pont-à-Mousson, ayant pour ressort les grueries de Pont-à-Mousson, Pagny et Nomeny".

L'édit du mois de juin 1751 supprima presque toutes les prévôtés, excepté, pour notre circonscription, celle de Badonviller, et créa des bailliages royaux dans les villes de Blâmont, Charmes, Château-Salins, Châtel, Commercy, Darney (duquel dépendait le village d'Aboncourt), Dieuze, Fénétrange, Lixheim, Lunéville, Nancy, Nomeny, Pont-à-Mousson, Thiaucourt et Vézelise, modifiant plus ou moins le ressort des anciens bailliages.

A partir de 1766, époque où elle fut réunie à la France, la Lorraine reçut une organisation analogue à celle des autres provinces du royaume, c'est-à-dire qu'elle fut administrée par un intendant ayant sous ses ordres des subdélégués ; les bailliages, devinrent alors des subdélégations, avec la même circonscription que précédemment.

Le 8 juillet 1787, le roi fit un règlement sur la formation et la composition des assemblées provinciales des duchés de Lorraine et de Bar, et ils furent divisés en douze districts, dont il y eut des chefs-lieux à Nancy, Lunéville et Pont-à-Mousson. Quant à la portion de notre département comprise dans ce qu'on appelait la province des Trois-Évêchés, on ne possède d'autre division officielle que celle qui est indiquée dans le Traité du département de Metz, publié par Stemer en 1756 ; nous y trouvons les circonscriptions suivantes :

  1. Dans le bailliage de Toul, les châtellenies de Blénod, Brixey, Maizières, et la prévôté de Liverdun, du temporel de l'évêché de Toul, et formant le bailliage de l’évêché, dont les appels ressortissaient au bailliage royal ; les Prévôtés de Vicherey, Villey-Saint-Étienne et Void, dépendant du temporel du chapitre de la cathédrale, plus quatre hautes justices à des laïques, parmi lesquelles Housselmont et Ménil-la¬Tour.
  2. Dans le bailliage de Verdun, la prévôté de Dieulouard, du domaine de l'évêché de Verdun.
  3. Dans le bailliage de Sarrelouis, Donnelay, Gelucourt, Juvelise et Lezey, qualifiés villages de la route, cédés en exécution de l'article 13 du traité de 1661.
  4. Dans le bailliage de Vic, les châtellenies de Vic, la Garde, Fribourg, Albestroff, Haboudange, Moyen, Baccarat ; la mairie de Réméréville, du domaine de l'évêché de Metz ; plus beaucoup de villages qui n'étaient pas du domaine de l'évêché.
  5. Les prévôtés de Phalsbourg et de Sarrebourg, créées en 1661, et dont les appels ressortissaient au bailliage de Sarrelouis.

Il y avait pour les Trois-Évêchés, comme pour la Lorraine et le Barrois, une intendance, appelée aussi généralité du département de Metz. Elle comprenait onze subdélégations, parmi lesquelles cinq seulement renfermaient des communes du département de la Meurthe : les subdélégations de Phalsbourg, Sarrebourg, Toul, Vic et Metz. De cette dernière ne dépendaient que Baudrecourt, Morville-sur-Nied et Saint-Epvre. Ainsi qu'on vient de le voir, le territoire formant le département de la Meurthe appartenait, sur la fin du siècle dernier, à deux provinces distinctes et se partageait entre un grand nombre de circonscriptions administratives d'origines diverses

 



04/12/2017
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