La Lorraine dans le temps

La Lorraine dans le temps

Les Etats de Lorraine sous Léopold - 2.1 Léopold, prince absolutiste

Tous les souverains (Henri IV par exemple) qui virent une paix profonde succéder à de longues guerres, sont restés populaires dans la mémoire de leurs contemporains et même dans celle des générations suivantes. La naïve crédulité populaire attribue à l'action bienfaisante, personnelle, du chef du pouvoir les résultats, heureux pour la nation, produits par l'industrie, le commerce et le travail agricol assurés d'un avenir de liberté (non troublée) plus ou moins grand, d'une ère de tranquillité plus ou moins longue. Ce fut le cas de Léopold qui fit de ses Etats une petite monarchie (absolue) à la Louis XIV qu'il copia servilement jusque dans ses écarts d'amour adultère ; toutefois, il importe de mettre à l'actif du duc de Lorraine sa propension pour la paix, sa louable sagesse de faire taire ses aspirations intimes au profit de la sécurité de son peuple. La nationalité lorraine, déjà absorbée en partie par la France, nationalité qu'il fit revivre avec un certain éclat, a fait personnifier en lui l'image de notre petite patrie locale, et nombre d'écrivains, à commencer par le sceptique et frondeur Noël, ont jeté, pour ce motif un voile indulgent sur ses faiblesses, ses dilapidations, et même son espèce de félonie, puisqu'en 1700 il consentit à troquer notre chère Lorraine contre le Milanais, troc peu patriotique que perpétra son fils, François III. Le traité de Ryswick (30 octobre 1697) rendit à Léopold la Lorraine et le Barrois, à peu près dans les mêmes conditions qu'à Charles IV, en 1670. On démantela Nancy ; Sarrelouis et Longwy restèrent à la France qui se réserva, en outre, l'usage, mais non la propriété, des routes que ses troupes devaient parcourir pour se rendre dans les possessions françaises. En échange de Longwy, on devait donner à la Lorraine une compensation d'égale importance dans les Trois-Evêchés.

 

le duc Léopold

 

Après le traité de Ryswick

 

Selon le récit probablement exagéré de Jamerai Duval, les Français, avant d'évacuer la Lorraine, en voulurent tirer toute la substance. A cet effet, vingt-cinq bataillons et quarante escadrons y furent envoyés et y vécurent à discrétion ou à peu près, pendant des mois entiers. Comme la fenaison était terminée, on fit des réquisitions de fourrages, et cela au moment des semailles ; ce qui causa le plus grand préjudice aux laboureurs. Des subalternes annoncèrent mystérieusement qu'on pouvait éviter des déplacements malheureusement onéreux, moyennant une contribution pécuniaire. On les crut, et le paiement de l'espèce de prime d'assurance n'amena aucune remise. On envoya des députés à Versailles ; ils furent éconduits, et l'intendant auquel on les adressa les fit emprisonner, plaça dans les villages qui avaient réclamé des garnisons qu'on vit se comporter comme en pays conquis, chassant même les paysans de leurs maisons. Comme l'hiver était arrivé, on vit des malheureux mettre leurs enfants dans les fumiers pour les empêcher d'être gelés. Ajoutons que l'année 1698 fut une des plus mauvaises connues depuis longtemps ; la stérilité de tous biens était générale.

 

A suivre.

 

 



31/05/2020
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