La Lorraine dans le temps

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Les foires franches de Saint-Nicolas de Port (24 mars 1597)

Les foires les plus importantes des duchés de Lorraine et de Bar étaient au XVIème siècle, celles du bourg de Saint-Nicolas de Port. Nous avons dit comment le culte de saint Nicolas était né à Port à la fin du XIème siècle et s’était développé au moyen âge. A la faveur du pèlerinage, des foires naquirent et se développèrent consi­dérablement au XVIème siècle. Pour encourager le commerce, le duc de Lorraine Charles III érigea par lettres-patentes du 24 mars 1597 deux foires franches de vingt jours à Saint-Nicolas :

 

Nous avons considéré que notre bourg- de Saint-Nicolas du Port est, de son assiette, propre pour les trafics et commerces de marchandises, tels que déjà on les a vu être du passé, et comme un centre et milieu à main entre les pays rie la France, Allemagne, Pays- lias, et plusieurs autres provinces, pour d’icelles y faire commodément et facilement arriver les marchandises.

Afin d’y faire renaitre le train et la fréquence du commerce, qu’on y a vu par ci-devant être beau et fré­quent, savoir faisons que, pour le bien, profit et utilité publique, tant de nos pays que d’autres, commodités non seulement de nos hommes et sujets, mais d’un chacun, nous avons, de l’avis et délibération des gens de notre  conseil, érigé, établi et ordonné, érigeons, établissons, et ordonnons, dès à présent et pour tous jours à perpétuité, pour nous, nos hoirs (1) et successeurs ducs de Lorraine, deux foires générales et publiques en notre dit bourg de Saint-Nicolas, qui dureront chacune quinze jours et commencera la première au 20e jour du mois de juin prochain, et l’autre au 20e jour du mois de dé­cembre suivant, le tout sous les conditions, clauses, modifications, privilèges, libertés, franchises et immu­nités que ci-après.

 

 

Qu’il sera permis, et dès maintenant permettons à tous marchands qui voudront fréquenter lesdites foires, venir, aller, séjourner et retourner, eux et leurs fac­teurs, commis et négociateurs, par les pays de notre obéissance, et demeurer en notre dit bourg de Saint- Nicolas, tant durant lesdites foires qu’auparavant et depuis, sans que pour les marchandises et denrées qu’ils y auront amenées, vendues et distribuées, le temps d’icelles durant, ils puissent être chargés, imposés, poursuivis ni recherchés d'aucunes tailles, impôts, sub­sides, maltôtes ou autres impositions, quelles elles soient, ordinaires ou extraordinaires, et sans aucune différence ni acception de nation, pourvu seulement qu’ils s’abstiennent de causer, faire, ni donner scandale à aucun.

Que non seulement pour lesdites marchandises se­ront lesdites foires franches et libres, mais voulons d’abondant, permettons et nous plaît que tous ceux qui les fréquenteront soient aussi francs, libres et exempts de toutes recherches pour dettes ou autres semblables obligations contre eux prétendues, et n’en puissent être inquiétés ni poursuivis par l'espace de quinze jours en­tiers, le commencement et fin desquels seront signifiés à chacun temps de foire par le son de la grosse cloche dudit Saint-Nicolas...

Que, pour décharger lesdites marchandises, sera exprès érigé un magasin public audit bourg, auquel toutes marchandises amenées de dehors devront être  déchargées par le concierge qu’à cette fin y sera par nous exprès député et établi, qui sera tenu en faire bonne et loyale garde, et tenir registre fidèle d’icelles, auquel seront inscrits les noms et surnoms des maîtres ou voituriers qui les auront conduites et amenées, la qualité d’icelles, et quantité des balles ou tonneaux le jour qu'elles seront arrivées, subsécutivement délivrées à ceux auxquels elles appartiendront avec leurs mar­ques, ou à autres qui auront charge de les recevoir, en lui payant néanmoins, tant pour le louage du magasin que pour les peines dudit enregistrement, trois gros de notre monnaie pour chacun fardel (2) ou balle pesant trois cent livres et au-dessous, et six gros pour chacun pesant au-dessus...

Et, comme en toutes choses la justice est un ferme lien des commerces et de la société d'entre les hom­mes, ainsi sera-t-il d’an en an par nous établi un con­seil audit bourg, composé de quatre bons et notables marchands d’icelui, l'un desquels présidera, et en son absence le plus ancien, et tous seront tenus, pendant le temps desdites foires, tenir par chacun jour l’au­dience deux lois, et (si besoin est pour l’importance du fait et de la matière) appeler quant et eux quelques autres desdits bourgeois plus apparents pour conseil­lers...

1 héritiers.

2 Quantité de marchandise déterminée par son poids.

 

Textes d’histoire Lorraine – Société Lorraine des Etudes Locales - 1931

 



10/01/2019
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