La Lorraine dans le temps

La Lorraine dans le temps

Mirecourt

MIRECOURT, chef-lieu d’arrondissement et de canton, à 93 km d’Epinal, traversé par la rivière du Madon ; sur le passage de la route nationale 66, de Bar-le-Duc à Bâle. — Station et embranchement des lignes de chemin de fer de Neufchâteau à Epinal et de Vézelise à Mirecourt. — Poste et télégraphe. Population : 5456 habitants, 637 maisons., 1837 électeurs, 23 conseillers municipaux. — Recette particulière des finances. — 2 contrôleurs des contributions directes. — Perception et recette municipale, recette municipale spéciale ; conservation des hypothèques et recette de l'enregistrement ; sous-direction, recette principale entrepositaire et recette ambulante des contributions indirectes. — Inspection forestière et chef de canton. Inspection des écoles primaires. — Agent-voyer d’arrondissement et agent-voyer cantonal. — Conducteur des ponts et chaussées. — Vérificateur des poids et mesures. — 1 architecte d'arrondissement pour les travaux aux bâtiments départementaux. — Tribunal civil, tribunal de commerce, justice de paix, maison d'arrêt. — 2 avocats, 4 avoués, 4 notaires, 4 huissiers. — 5 médecins, 4 pharmaciens, 8 sages-femmes, 2 vétérinaires. — Cure cantonale ; fête patronale le 2ème dimanche de septembre, patron la Nativité de Notre-Dame. — Population israélite 87 habitants, rabbin à Epinal. — Association religieuse des sœurs de St Charles, des sœurs Dominicaines de la Bonne-Providence à Mirecourt, 16 membres, orphelinat et ouvroir. — Collège de garçons, 90 élèves, dont 84 pensionnaires. Ecole normale d'instituteurs, 76 élèves, fondée en 1828. Ecoles primaires de garçons, 267 élèves ; de filles, 203 élèves ; maternelles, 228 élèves. 2 pensionnats congréganistes de jeunes filles, 72 élèves ; école maternelle congréganiste, 60 élèves. Bibliothèque, 472 volumes. — Bureau de bienfaisance. Hospice civil et des orphelins 242 lits. — Caisse d’épargne. Société de secours mutuels. Association amicale des anciens élèves de l’école de Mirecourt. Société de tir civil. Société de gymnastique. Société musicale (harmonie). Journal « La presse Vosgienne ». Station météorologique pour le bassin du Madon, dirigée par l’école normale. Comice agricole. Société horticole, ferme-école du Beaufroy. Société de St-Vincent-de-Paul. Société des apprentis. — 2 brigades de gendarmerie à Mirecourt. 45 conscrits en 1886. Compagnie de sapeurs-pompiers, 70 hommes.

 

 

Surface territoriale 1212 hectares, dont 740 en terres labourables, 85 en prés, 200 en vigne, 60 en bois, 65 en jardins, vergers, chènevières. Cultures principales : blé 2.250 hectares., orge 75 hectares., avoine 4.500 hectares., pommes de terre 800 hectares., vigne 50 hectares, tabac 409 kilo, Industries : lutheries, orgues, dentelles, 1 moulin.

Foires annuelles, le 2ème lundi de chaque mois ; marchés les mardis, vendredis et samedis.

Ecarts : Haut-de-Chaumont, 8 habitants., 2 maisons ; Joly (le), 22 habitants, 8 maisons ; Ravenel, 58 habitants, 8 maisons ; route de Mattaincourt, 8 habitants, 2 maisons.

Ancienne population : 1710, 675 habitants ; an XII, 5106 habitants ; 1880, 5608 habitants ; 1847, 5577 habitants ; 1867, 5785 habitants.

1594 et 1710, chef-lieu d'une prévôté, baillage des Vosges ; 1790, chef-lieu de district et de canton. —

 

 

Histoire — La ville de Mirecourt (Mirecuria, Mercorium, Murci-Curtis Murici-Curtis, Mericort, Mirecourt) est ancienne. Elle était au moyen-âge le siège d’un des trois grands bailliages de Lorraine, et on la considérait comme la capitale du pays de Vosges. Mirecourt relevait directement des ducs de Lorraine. La cure de Mirecourt dépendait du chapitre de Remiremont

Selon la tradition, Mirecourt fut fondée vers le Xème siècle par des tanneurs qui se fixèrent sur les bords du Madon. La terre de Mirecourt appartenait anciennement aux comtes de Toul. L’un d'eux, Frédéric V, affranchit, en 1234, les bourgeois de cette ville. Dans cette charte, il fixe les diverses redevances qui lui étaient dues par ses sujets. Il y est dit que le bourgeois qui refuserait de prendre les armes et d'accompagner son seigneur lorsque celui-ci se mettrait on campagne, serait puni d'une amende de 12 deniers. La même amende était infligée à celui qui, en cas d'alarme, refuserait de sortir de la ville pour repousser l'ennemi. Dans le premier cas, il devait servir le premier jour à ses dépens ; les jours suivants, le comte pourvoyait à sa subsistance. La même charte règle les corvées dues au seigneur, les gardes dues à la ville pendant la nuit en temps de paix et en temps de guerre.

En 1264, Eudes, comte de Toul, engagea le fief de Mirecourt à Richard de Valleroy pour sûreté d'une somme de 870 livres que ce seigneur lui avait prêtés.

Le 10 janvier 1543, le duc Antoine accorda aux drapiers de Mirecourt une charte protégeant leur activité.

 

 

Par d'autres chartes du 20 janvier de la même année, le duc Antoine accorda aux drapiers de Mirecourt de nouveaux privilèges qui leur furent confirmés par le duc François, le 18 mars 1544. Les bouchers de Mirecourt (1er mai 1577) et les boulangers de la prévôté (8 février 1582), obtinrent aussi des chartes et privilèges. Dès le mois de novembre 1513, le duc Antoine avait autorisé l'établissement de trois foires à Mirecourt : la première le lendemain de la Nativité Notre-Dame, la seconde le lendemain des Brandons, la troisième le jour de Ste-Lucie.

La ville de Mirecourt, qui était peu fortifiée et hors d’état de soutenir un véritable siège eut beaucoup à souffrir, pendant les différentes guerres qui désolèrent la province. En 1438, durant les hostilités entre René Ier et Antoine, comte de Vaudémont, le capitaine, qui était au service de ce dernier, se rendit maître de Mirecourt qui, quelque temps après, se livra au capitaine La Hire, que le roi Charles VII avait envoyé en Lorraine. En 1476, les Bourguignons s’en emparèrent et l'occupèrent jusqu’à ce qu'il leur eût été enlevé par les troupes lorraines. En 1633, après la reddition de Nancy à Louis XIII, le duc Charles IV, qui s'était retiré à Mirecourt où il avait fait venir la duchesse Nicole et la princesse Claude, y passa l’hiver dans toutes sortes de divertissements. En 1641, cette ville fut investie par le marquis de Folleville, qui commandait 500 mousquetaires et 50 chevaux, et forcée d’ouvrir ses portes. Après la paix des Pyrénées, en 1663, Charles IV se retira de nouveau à Mirecourt pendant qu'on démolissait les murs de sa capitale. Ce fut pendant ce dernier séjour, et dans ses fréquentes excursions à l’abbaye de Poussay, qu'il devint amoureux de la belle Isabelle de Ludres. En 1670, ce prince s'étant encore brouillé avec la France et ayant quitté ses Etats, le maréchal de Créqui surprit Mirecourt et en renversa les fortifications, qui ne furent plus rétablies. Le château était défendu par cinq ou six bastions. On prétend que le maréchal de Créqui rançonna si cruellement les habitants, qu’il en éprouva des remords dans les dernières années de sa vie, et fit, par forme d'expiation, ériger à ses frais le grand autel de l’église paroissiale.

 

Mirecourt était autrefois le siège d'un des trois grands bailliages de Lorraine, appelé le bailliage de Vôge, qui comprenait, en 1710, plusieurs juridictions inférieures dont les appels ressortissaient en première instance au siège du bailliage : c'étaient les prévôtés et offices de Mirecourt, Remoncourt, Dompaire, Charmes, Arches, Châtenois et Darney. La noblesse tenait les assises à Mirecourt. L'édit de Stanislas, du mois de juin 1751, resserra beaucoup les limites de ce bailliage ; Louis XV le créa présidial en juin 1772. Les bailliages de Neufchâteau, Bourmont, Darney, Châtel et Charmes, y dépendaient pour les cas présidiaux. Il était régi par la coutume générale de Lorraine.

Une ordonnance du duc Henri, datée du 12 mai 1609, avait composé le conseil de ville de Mirecourt de douze bourgeois et du mayeur qui les présidait. Dans la suite, cette organisation fut changée : en 1789, le corps municipal était composé d’un maire royal chef de police, d'un lieutenant de maire et de police, de trois échevins, d’un échevin-trésorier, du procureur du roi et du secrétaire-greffier.

Au point de vue militaire, il y avait à Mirecourt un gouverneur de troisième classe. Une brigade de cavaliers de maréchaussée dépendait de la lieutenance d’Epinal. En 1781, on y établit une poste aux chevaux.

 

 

Parmi les monuments de Mirecourt, il faut citer l’église construite au XIVème siècle et les halles dont la construction remonta au commencement du XVIIème siècle. Mirecourt possède également un théâtre, une salle de conférences, dite salle du Club, et une bibliothèque publique.

La mairie occupe une partie du palais des anciens ducs de Lorraine qui lui a été cédée le 6 juillet 1735. Ce palais date du XVIème siècle.

La maison d'école des garçons et le collège sont installés dans l'ancien couvent des •Messieurs de Notre-Dame.

La maison d'école des filles a été construite en 1842.

L'école normale des Vosges a été construite en 1802. Les archives de Mirecourt renferment des copies des anciennes chartes de la ville, notamment du titre de 1234, un cartulaire de la ville (1456-1577) ; des registres de transcription des ordonnances depuis 1771 ; les délibérations de l’hôtel-de-ville depuis 1609 ; les comptes de la ville depuis 1573, etc...

Dans un registre des délibérations, on trouve en 1631 mention d’un Claude Hugo, dit le Hollandais, qui traite avec la ville pour enterrer les morts de la peste ; ce Claude Hugo parait être l’aïeul de la famille des Hugo, que l’on trouve installée en 1600 à Domvallier, village voisin de Mirecourt, et qui a donné le général d’empire Hugo et Victor Hugo, l’écrivain.

Les actes de baptême, mariages et sépultures commencent en 1601.

Deux anciennes industries, citées plus haut, ont rendu Mirecourt célèbre : c’est d'abord la fabrication des instruments de musique, surtout des violons, et ensuite la fabrication de la dentelle, dite dentelle de Mirecourt (dentelle aux fuseaux).

 

Extrait de « Le département des Vosges » par Léon LOUIS et Paul CHEVREUX – 1887 -Bibliothèque Stanislas de Nancy.

 

 

 



16/06/2020
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