La Lorraine dans le temps

La Lorraine dans le temps

Vézelise

VÉZELISE, petite ville de l'ancien duché de Lorraine, sur le Brénon, routes départementales n°3 de Verdun à Epinal, n°12 de Nancy à Vézelise, à 28 kilomètres de Nancy. Population : 1549 habitants, 130 électeurs censitaires, 16 conseillers municipaux, 475 feux, Nombre d’enfants 336 en hiver, 180 en été. Sœurs de Saint-Charles et de la congrégation du Pierre Fourrier, Association de charité formée par des dames bienfaisantes.

Surface territoriale : 393 hectares en terres labourables, 33 en prés, 38 en vignes. L'hectare semé en blé, orge, seigle et avoine peut rapporter 14 hectolitres ; planté en vignes 55 hectolitres. Chevaux et vaches. Vézelise est le chef-lieu d'un canton comprenant 33 communes. Il y a un hospice, institution gratuite pour les jeunes filles, bureau d'enregistrement et des domaines, brigade de gendarmerie à cheval, gîte militaire, boîte aux lettres. Moulin à grains, pilon d’écorces, imprimerie, cinq tanneries, huilerie, pont de deux arches sur le Brénon. Foires, les 22 janvier, 28 février, 5 juin et 1er novembre. Ecart : Belle-Fontaine.

Ancienne population : 1710, 333 habitants ; 1802, 1780 habitants ; 1822, 1670 habitants, 480 feux.

 

 

Anciennes divisions : 1594 et 1710, baillage et comté de Vaudémont ; 1731, chef-lieu d’un baillage, maîtrise de Neufchâteau, généralité de Nancy, coutume de Lorraine ; 1790, chef-lieu de district et de canton. — Spirituel : doyenné du Saintois, district de Toul.

Vézelise fut bâti, au XIIIème- siècle sur les ruines du château de Velaine, qui appartenait aux comtes de Vaudémont. Suivant l’auteur du Doyenné du Saintois, la construction de Vézelise remonterait au Xe siècle. Le comte Gérard II le fit commencer en 1099, et y fit élever un château avec cinq grosses et fortes tours qui commandaient les coteaux ; la première, proche la porte St.-Côme ou Emery, s'appelait Nyberte ; la seconde , dite Gabion, était au coin du cimetière, près des Capucins ; la troisième, Malconneste, près l'hôpital ; la quatrième, Tour-du-Comte , sur le bord de la rivière, à la porte du château, la cinquième que l’on nommait la Tour des Sarrasins était près du château, dans le jardin des religieuses.

 

Mais, selon l’auteur Durival, Vézelise, qui devînt le chef-lieu du comté après la ruine du château de Vaudémont, ne fut bâti qu'au XIIIe siècle. Cette ville eut beaucoup à souffrir pendant la guerre d’Antoine, comte de Vaudémont et de René Ier. Elle fut assiégée, en 1425, par Jean de Rémicourt ou Pélegrin, sénéchal de Lorraine. Ce seigneur fut tué d'un coup de flèche, et son corps inhumé à l'endroit même où il avait perdu la vie ; on y éleva une croix avec une inscription surmontée d'armoiries ; les Suédois la brisèrent et elle disparut entièrement en 1791. Vézelise, quoiqu'assiégée par 2300 hommes et défendue seulement par 800, aidés de la bourgeoisie, se défendit trois années entières ; le manque de vivres la contraignit à capituler ; il n'y restait plus que 70 soldats. En 1452, elle fut assiégée de nouveau par les troupes lorraines et prise après six jours ; la ville fut pillée et la garnison passée au fil de l’épée ou faite prisonnière. Vézelise fut encore brûlée par René 1er en 1439 occupée, en 1476, par les Bourguignons, puis bientôt après, reprise par les capitaines lorrains. Mais elle avait tellement souffert que le dur René II lui accorda le 1er mars 1484, un octroi de 3 gros par chaque pièce de vin qui se vendait en gros ou en détail dans la ville, dont la moitié appartenait à la ville et le reste devait être employé à la réparation de ses murailles et de ses fortifications. Cet octroi, qui se percevait encore en 1602, s’appelait la menue-gabelle. En 1511, les eaux du Brénon, grossies par la fonte des neiges et des glaces, renversèrent entièrement le pont de la porte du château. Les habitants présentèrent une requête au duc Antoine, afin qu'il les aidât à le rétablir. Ce prince, faisant droit à leur demande, leur accorda toutes les pierres nécessaires à la reconstruction du nouveau pont, qui fut changé de place, et leur charroi fut fait par les laboureurs du comté de Vaudémont ; l'adjudication eut lieu au prix de 400 francs barrois. Quant au château, il fut ruiné, en 1656, comme toutes les autres forteresses de la Lorraine. C’est dans ce château que Yolande d'Anjou fit cession du duché de Lorraine à son fils René. L'acte en fut passé à Vézelise, le 2 août 1473.

Le bailliage dont Vézelise était le chef-lieu, fut régi d’abord par la coutume de Vaudémont ; celle-ci ayant été abrogée en 1723, il fut placé sous la coutume de Lorraine. À l'époque de 1777, les villages qui en dépendaient étaient partagés entre les diocèses de Nancy et de Toul. Ce dernier renfermait le plus de communautés.

La mesure était le resal de Nancy. Le bailliage était composé du bailli, du lieutenant-général, du lieutenant-particulier, de l’assesseur, de trois conseillers, de l'avocat du roi, du procureur du roi et du greffier. Le baillage faisait partie du présidial de Nancy. Les officiers de l’hôtel-de-ville étaient le maire royal, chef de police, l'échevin, l’échevin-trésorier, le procureur du roi et le secrétaire-greffier.

 

 

Vézelise était le siège de la prévôté pour tout le comté de Vaudémont. La taille des habitants était de 150 francs. Ils étaient tenus à l’entretien des portes et murailles de leur ville. Le droit de vendre du vin était de 10 francs.

Antoine de Vaudémont, compétiteur du duché de Lorraine contre son cousin par alliance, René d'Anjou, fit frapper à Vézelise diverses monnaies sur lesquelles il prend la qualité de duc de Lorraine.

Léglise de Vézelise date du 15ème siècle. Les fondements en furent jetés, en 1450, par Ferry, comte de Vaudémont, qui ordonna à tous les habitants du comté de charroyer les matériaux nécessaires à sa construction ; il permit de prendre du bois dans les forêts de son domaine et des pierres à Viterne, Favières et Germiny, eu payant un gros au carrieur par chaque pied de taille. Mais les guerres qui survinrent arrêtèrent la construction de cet édifice ; il ne fut terminé qu’en 1520 et consacré le 6 mai 1521, par Jean, cardinal de Lorraine, évêque de Toul.

 

IL y avait, à Vézelise, plusieurs maisons religieuses : les Minimes, fondés par N. Virion, le 29 octobre 1614 ; les religieuses de la Congrégation, le 27 août 1629 ; Charles IV leur abandonna, en 1665, le château sur les ruines duquel elles étaient depuis 1645 ; les Capucins en 1633. L’hôpital, fondé eu 1630, et qui subsiste encore, est desservi par des sœurs de Saint-Charles. Le couvent des Minimes est transformé en maisons d'habitations ; celui des Capucins a servi, pondant quelques années (1824-1850), d'école normale de frères instituteurs, connus sous le nom de frères de dom Fréchard ; ce dernier nom est celui d’un ancien bénédictin de Senones, propriétaire actuel du couvent ; cette école est transférée à Sion. L’auditoire du bailliage fut bâti par ordre de Charles III en 1586. La première cause y fut plaidée le 20 novembre de cette année.

 

 

Vézelise possède une fontaine remarquable ; elle est entièrement semblable à celle de Pulligny.

Deux fiefs, Bellefontaine et Paradis dépendaient du bailliage de Vézelise ; ils furent possédés par les sieurs de Bourgogne et Feron.

 

D’après « le département de la Meurthe » par Henri LEPAGE – 1843.

 



04/07/2020
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